Investissement sur les marchés financiers, Gestion de portefeuille personnel, ETF & Technologies, Assurance-vie

Changement de Météo
par Mathieu Hamel 26/10/2018 Marchés & Techno

Conformément au régime de marché en Euphorie, les baisses sont rapides et violentes. Malgré le sentiment négatif, et une correction limitée à 10%, nous pensons qu'il faut saisir l'opportunité du changement de météo en "Expansion" pour rebalancer le portefeuille et réinvestir significativement en actions. Cela n'est pas sans risque mais il semble que cela soit la conclusion rationnelle à la suite l'analyse du diagnostic des conditions économiques et financières.

S'abonner aux notes hebdomadaires Marie Quantier

La Météo repasse en « Expansion »

Baisse des actions

Le prix des actions a fortement baissé sur le mois d’octobre, quasiment 10% sur les actions américaines. Pour autant, les bénéfices d’entreprises ont continué d’augmenter depuis le début de l’année. Avec la santé de l’économie mondiale qui reste en amélioration, la météo des marchés passe en « Expansion ».

Le multiple « Price-to-Earning » ajusté des facteurs macroéconomiques est resté vendredi soir, après la clôture de New York, au-dessous de 16. Cela veut dire que le prix des actions américaines dans leur ensemble, au niveau de l’indice large SP500 qui regroupe les 500 plus grosses entreprises américaines cotées en bourse, correspond à moins de 16 années de bénéfices.

Il faut avoir en tête que ce changement de météo intervient alors que le niveau séparant la météo « Euphorie » et « Expansion » est tout juste franchi. Il n’y a pas de coussin de sécurité important. En tout cas pour les actions américaines. Les actions européennes, en revanche, sont extrêmement sous-évaluées. Cela ne garantit pas que les actions européennes ne baisseront pas de manière forte et violente car le cœur des marchés financiers et l’essentiel des investisseurs se trouvent aux USA. Si comme nous l’espérons, les actions vont voir leurs prix augmenter, un changement de météo vers « Euphorie » pourrait intervenir rapidement.

Un nouveau changement de météo pourrait avoir lieu sans que cela nous soit profitable. Tout d’abord, si les résultats d’entreprise ne sont pas à la hauteur du consensus. Mais cela reste peu probable au vu des premières annonces de résultats des entreprises. En effet, près de la moitié des entreprises ont déjà annoncé leurs bénéfices pour le 3e trimestre et les trois quarts de ces entreprises ont dépassé le consensus. En revanche, une hausse des taux d’intérêt à 10 ans, autour des 4%, entrainerait aussi le retour de la météo « Euphorie ». Il est difficile d’ignorer complètement ce scénario.

Enfin, les prix pourraient continuer de baisser au vu du sentiment de marché. Le sentiment négatif pourrait durer suffisamment longtemps pour que les éléments fondamentaux de l’économie arrêtent de s’améliorer, voire commencent à se détériorer. Le sentiment pourrait enfin devenir tellement négatif, qu’il aurait un impact sur le mental des acteurs économiques. Cela précipiterait la détérioration de la santé de l’économie. Pour autant, nous pensons que l’économie est forte et toujours en phase d’amélioration suffisamment marquée pour que ces scénarios ne se concrétisent pas.

La santé de l’économie continue de s’améliorer

Le PMI européen reste bon mais ne participe pas à l’amélioration de la santé de l’économie. Le niveau, obtenu en cliquant sur la bulle, qui est à gauche, nous donne 53. Au delà de 50, le PMI caractérise une expansion de l’économie. Cet indicateur ne participe donc pas à l’amélioration de l’économie mondiale, mais n’indique pas non plus une contraction. C’est un signe de décélération.

autre_nom_explicite_dimage_pas_obligatoire

autre_nom_explicite_dimage_pas_obligatoire

Pour les USA, le PMI continue de s’améliorer et reste extrêmement fort, à pratiquement 60. C’est historiquement élevé, même si ce n’est pas exceptionnel.

autre_nom_explicite_dimage_pas_obligatoire
autre_nom_explicite_dimage_pas_obligatoire

Les ventes au détail sont un autre indicateur qui nous semble pertinent dans ce contexte. Nous en avons peu parlé dans les « weekly ». L’amélioration des ventes au détail aux USA traduit la bonne santé de l’économie américaine et mondiale. C’est le fruit d’un sentiment optimiste des consommateurs et de l’augmentation de leur pouvoir d’achat. On peut considérer que c’est la conséquence d’un bon marché de l’emploi, d’un sentiment des consommateurs positif et d’un retour des augmentations de salaires. On constate une amélioration nette depuis 2015.

autre_nom_explicite_dimage_pas_obligatoire
autre_nom_explicite_dimage_pas_obligatoire

La guerre économique, la hausse des taux d’intérêt et la dette aux USA sont les facteurs de risques principaux

Le facteur structurel de risque pour l’économie mondiale reste le risque de déflation en Europe. Les taux d’intérêt en Allemagne notamment sont trop bas pour être parfaitement serein. La banque centrale européenne n’a pas pu, à nouveau, mettre un terme à sa politique de « quantitative easing ». L’économie européenne n’est toujours pas sortie de l’hôpital. La fin de sa convalescence n’est donc pas à l’ordre du jour.

Lors de son discours de politique étrangère au Hudson Institute, Mike Pence a présenté la nouvelle doctrine américaine face à la Chine. Son discours est très semblable à celui de Reagan qui relancé la « guerre des étoiles » contre l’URSS. Les barrières douanières ne sont qu’un premier élément disponible dans l’arsenal de la guerre économique. Maintenant que la Chine a atteint un niveau de développement important et que ses industries sont à la frontière technologique, les USA demandent que la Chine respecte les droits de la propriété intellectuelle. Sinon, Mike Pence propose de briser la Chine. Or, il n’est pas aisé de protéger les droits de la propriété intellectuelle lorsque les droits individuels ne sont pas assurés. Or, encore une fois, la prospérité économique de la Chine repose sur une organisation centralisée et autoritaire de l’effort de production. Si la Chine devait garantir des droits individuels à ses habitants, notamment les droits religieux qui sont de toute première importance pour Mike Pence, il n’est pas certain que sa prospérité ne fissurerait pas de toute part. Dans ce cadre, comment répondre favorablement aux demandes des USA, soutenus par l’Union Européenne en la matière.

La réforme fiscale de Trump pousse le déficit public vers les 4% du PIB. La part des investisseurs étrangers dans le financement de ce déficit baisse. La FED ne monétise plus non plus la dette américaine du fait de sa politique de transition vers un fonctionnement normal de la politique monétaire. Cela se traduit par une réduction de son bilan et donc son retrait du marché des émissions obligataires. Or avec la réduction du nombre des acheteurs, le trésor américain n’a d’autre choix que de proposer des taux d’intérêt plus élevés pour trouver des preneurs et financer le déficit. Le trésor a deux armes, les taux d’intérêt et le taux de change. Cependant avec la hausse récente du dollar, le trésor américain risque de se retrouver forcé d’augmenter à nouveau les taux d’intérêt lors de ses émissions de dettes publique. Sans prendre en considération l’absence d’investissement dans les facteurs de croissance endogène comme les infrastructures, l’éducation ou la cohésion sociale, la hausse des taux d’intérêt, en tarissant les sources de financement, pénalise l’expansion économique.

Enfin, en plus du taux d’endettement des étudiants américains, le niveau de la dette privée a atteint un niveau extrême au sein des entreprises. Ce graphique nous montre que selon ce critère, l’économie américaine a atteint un pic.

autre_nom_explicite_dimage_pas_obligatoire


Mathieu Hamel