Investissement sur les marchés financiers, Gestion de portefeuille personnel, ETF & Technologies, Assurance-vie

WEEKLY #49 // semaine du 25 novembre 2018
par Mathieu Hamel 25/11/2018 Weekly

Le but de ces notes hebdomadaires est de vous aider à suivre la narration des marchés afin de comprendre et d'anticiper ces derniers. Construisez ainsi une opinion critique sur nos recommandations et personnalisez vos investissements quand vous le souhaitez.

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Cette semaine sur les marchés...

  • Le prix des actions américaines et européennes a fortement baissé cette semaine, et a retrouvé des niveaux proches de ceux atteints en octobre juste avant les élections de mi-mandat. En octobr le multiple MQ, qui exprime le prix des actions en fonction du nombre d'années de bénéfices des entreprises ajusté des facteurs macroéconomiques comme la croissance économique et les taux d'intérêt, avait atteint 15 années de bénéfices. Il se situe aujourd'hui quasiment au même niveau après avoir atteint le niveau 18 années après la hausse qui a suivi les élections de mi-mandat aux USA. Au vu de la baisse qui a suivi, il est frustrant de ne pas avoir vendu ses actions à ce moment-là. Au-delà de 18, il est en effet certain que le marché est en « Euphorie ». Lorsque le prix des actions américaines s'établit entre 14 années et 18 années de bénéfices et que l'économie s'améliore, c'est l'intensité de l'amélioration de l'économie qui permet d'arbitrer entre la météo « Euphorie » et la météo « Expansion ». Lorsque l'économie s'améliore fortement, le consensus anticipe une forte croissance des bénéfices des entreprises et les prix augmentent malgré des multiples élevés. Mais lorsque les bénéfices augmentent quelques trimestres après, mécaniquement, le multiple diminue. Lorsque l'économie s'améliore fortement, l'optimisme se traduit par des multiples élevés. Ces dernières semaines, les indicateurs ont parfois été contradictoires. La santé de l'économie mondiale reste en amélioration mais l'activité en Europe et en Chine se détériore. Aux USA en revanche, l'activité continue de s'améliorer. Aussi bien le marché de l'emploi que l'activité industrielle et des services.

  • Le secteur des valeurs technologiques a fortement baissé. Les baisses s'échelonnent entre -20% pour Apple et -44% pour Nvidia pour les plus grosses entreprises. Facebook a baissé de 37% et Amazon de 28%. Il est important de se rappeler que le secteur technologique présente les multiples les plus élevés. Le consensus anticipe généralement que les entreprises technologiques sont capables de générer une croissance de leurs bénéfices au-dessus des normes des autres secteurs. Nous avions attiré votre attention au printemps de cette année sur le risque induit par les actions américaines du SP500 du fait des multiples élevés des entreprises technologiques et de leur poids devenu important dans l'indice. Rester investi en actions américaines cette année consommait beaucoup de budget de risque. Et ce risque de baisse se matérialise actuellement. Il est important de pouvoir mesurer sa consommation de risque de manière à ne jamais dépasser sa tolérance à la peine financière, la baisse, et à ne pas se sentir obligé de vendre aux plus mauvais moments.

  • La baisse du prix des actions la semaine dernière a accéléré avec la baisse du prix du baril de pétrole. C'est la conséquence à la fois de l'augmentation de la production de pétrole et des estimations en baisse concernant la croissance mondiale. D'un côté l'Arabie Saoudite a augmenté sa production et la Russie a refusé de réduire la sienne. De l'autre la guerre économique commence à peser sur les anticipations de croissance économique mondiale du fait de la diminution des échanges commerciaux et de la stimulation économique causés par la montée du protectionnisme. Cette situation peut se résoudre de manière politique et instantanée lors de prochain G20. Dans ce contexte, il est important de garder à l'esprit que la Russie a un intérêt stratégique prioritaire en Crimée. De plus, il est possible de croire que les actions du président Trump ne sont pas indépendantes des intérêts de la Russie et que le Vice-Président Mike Pence en est conscient. Cette thèse prend de plus en plus d'ampleur aux USA et nous commençons à l'intégrer dans nos raisonnements. Le scénario qui se développe serait une sortie de Trump par démission et non pas par « impeachment ». Cette sortie serait provoquée par le monde des affaires et non pas par les urnes. Le président chinois Xi Jinping, en anticipation de cette guerre des chefs, se serait nommé dirigeant à vie pour que le temps joue en faveur de la Chine. La guerre économique contre la Chine est le fer de lance de la montée en puissance de Mike Pence sur la scène internationale. D'ailleurs, dans la tradition du parti Républicain, et contrairement au Président Trump, Pence allie à la guerre économique contre la Chine l'ensemble des combats moraux et démocratiques traditionnels de l'Amérique : liberté, propriété intellectuelle, liberté religieuse et liberté de la presse. Si la stratégie de Mike Pence est de pousser Trump à la sortie, du fait des conséquences négatives de la guerre économique contre la Chine en terme de croissance mondiale et de baisse des marchés financiers mais couvert par les principes éternels de l'Amérique, alors le G20 ne présentera pas d'annonces positives. Si Trump est suffisamment puissant à Washington, alors il cherchera à obtenir un règlement des tensions avec la Chine. En cas d'annonces positives, le consensus s'attend à une hausse du prix des actions. Pendant ce temps, l'Arabie Saoudite produit du pétrole quasiment au maximum de ses capacités, notamment pour financer sa guerre au Yémen. Cela fait baisser les cours ce qui met en danger le marché du crédit aux USA. La Russie fait de même pour sortir de son marasme économique. Le pétrole évolue autour des 60 dollars le baril alors que le seuil de profitabilité des exploitations de gaz de schiste aux USA est autour de 65/70 dollars. Cela met une pression très forte sur les obligations d'entreprises « high yield », c'est à dire en mauvaise santé, composées à plus de 30 % d'entreprises évoluant dans le « fracking ». Les premières conséquences se font même sentir sur les obligations d'entreprise « Investment Grade », c'est à dire les entreprises en bonne santé. Nous restons cependant investis sur les actions au vu de l'amélioration de la santé de l'économie américaine et de notre confiance dans la démocratie américaine. Les intérêts de l'économie américaine seront défendus au G20, que cela soit la propriété intellectuelle des entreprises américaines en Chine ou le potentiel de développement via la croissance mondiale, ravivée par la réduction de l'intensité de la guerre économique.


Mathieu Hamel