Investissement sur les marchés financiers, Gestion de portefeuille personnel, ETF & Technologies, Assurance-vie

WEEKLY #47 // semaine du 03 novembre 2018
par Mathieu Hamel 03/11/2018 Weekly

Le but de ces notes hebdomadaires est de vous aider à suivre la narration des marchés afin de comprendre et d'anticiper ces derniers. Construisez ainsi une opinion critique sur nos recommandations et personnalisez vos investissements quand vous le souhaitez.

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Cette semaine sur les marchés...

  • Les actions ont baissé de 10% sur le mois d’octobre. Cela a entrainé un changement de météo des marchés et une nouvelle suggestion « autopilot ». D’« Euphorie », nous sommes passés à « Expansion » le week-end du 28. La suggestion « autopilot » en météo « Euphorie » propose de ne pas investir plus de 10% de votre portefeuille en actions. En météo « Expansion », elle propose d’y investir jusqu’à 70%. Au moment du changement de météo, le prix des actions correspondait à moins de 16 années de bénéfices, en prenant en compte les facteurs macroéconomiques. Et l’économie mondiale n'a pas arrêté de s’améliorer. Si les actions ne sont plus "chères" et que l’économie s’améliore, il est rationnel d’investir majoritairement en actions. Si l’économie commence à se détériorer alors que le prix des actions n’a pas eu l’occasion d’augmenter, cette stratégie est perdante. Dans la majeure partie des cas, elle est gagnante.

  • La semaine dernière, le consensus a partagé l’attractivité des actions, pris dans leur ensemble. Le prix des actions a augmenté de 3,5% et vos portefeuilles en ont profité. Vendredi dernier, en revanche, les avancées de la guerre économique entre la Chine et les USA ont obligé ce même consensus à considérer la concrétisation des tensions. Cela a provoqué une baisse des actions. Elles ont remonté depuis. Cette semaine, l’attention est monopolisée par les élections américaines de mi-mandat. Dans tous les scénarios, nous croyons que le résultat ne sera pas un catalyseur de marché. Si les démocrates gagnent la chambre des représentants ou tout le congrès, le gouvernement ne sera pas moins en capacité de gouverner que sous Obama. Donc pas d’incidence nouvelle. Si Trump garde les chambres alors les limites de la santé de l’économie américaine resterons les mêmes et le consensus regardera les fondamentaux économiques et le niveau des valorisations. Le consensus ne traduira pas une victoire de Trump par un saut dans les anticipations de croissance. En revanche, la guerre économique entre la Chine et les USA, si elle se concrétise plus avant, aura un impact sur la croissance économique et donc sur les bénéfices futurs des entreprises. La position des USA dans cette guerre économique est légitime. Les USA demandent une meilleure protection de la propriété intellectuelle. Or, comment la Chine peut-elle y répondre favorablement ? Xi Jinping s’est déclaré cette année dirigeant à vie de manière, selon ses propres explications, à lutter plus efficacement contre la corruption au plus haut niveau de l’État chinois. Ce n’est pas un signe de libéralisation de la vie politique. Les droits de propriété intellectuelle sont des droits individuels sophistiqués. Or certains droits fondamentaux ne sont pas assurés en Chine. Principalement pour maintenir une forte cohésion du territoire et pour assurer une amélioration des conditions économiques pour une majorité des chinois. L’absence de droits suffisants pour les mingongs permet de prouver ce point. La Chine peut-elle garantir les droits de la propriété intellectuelle sans assurer les droits individuels ? La Chine peut-elle maintenir sa cohésion territoriale et son dynamisme économique en assurant à chacun la défense de ses droits individuels ? Pour toutes ces raisons, il semble improbable que la Chine négocie d’égale à égale avec les USA. La baisse de plus de 30% des actions chinoises anticipe ce raisonnement.

  • Entre les élections, la guerre économique et l’évolution du cycle économique, de nombreux scénarios peuvent être construits. Avec des dépendances, des causalités, qui entraîneraient des résultats différents. Pour autant, il est impossible de différencier les différentes temporalités du futur pour le consensus. Demain, dans quelques mois, dans quelques années. C’est pour cette raison que nous travaillons chez Marie Quantier avec des diagnostics et non pas des prévisions. Le consensus est la confrontation de l’opinion de chacun des acteurs du marché, dont le poids dépend des montants qu’ils sont capables d’investir. Il n’y a pas de subtilité dans ce processus. C’est à chaque instant le résultat d’un rapport de force. De plus, en économie, il existe ce que les académiques appellent les prophéties auto-réalisatrices. Ce que les acteurs pensent et anticipent modifie leurs actions, qui elles-mêmes changent le cours des choses. Pour ces raisons, MQ se concentre sur la définition d’un diagnostic de la santé de l’économie mondiale et réalise ses suggestions accordement. Bien que nous partagions les théories sur l’existence de cycles économiques, nous n’investissons qu’en fonction du diagnostic immédiat lorsque nous ne concevons pas de distorsion provenant de facteurs politiques ou géopolitiques. Les élections de mi-mandat aux USA entraîneront pas de changement économique significatif. La guerre économique impactera négativement le marché des actions à chaque renforcement de son intensité.


Mathieu Hamel