Investissement sur les marchés financiers, Gestion de portefeuille personnel, ETF & Technologies, Assurance-vie

WEEKLY #40 // semaine du 1er Septembre 2018
par Mathieu Hamel 01/09/2018 Weekly

Le but de ces notes hebdomadaires est de vous aider à suivre la narration des marchés afin de comprendre et d'anticiper ces derniers. Construisez ainsi une opinion critique sur nos recommandations et personnalisez vos investissements quand vous le souhaitez.

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Cette semaine sur les marchés...

  • Nous profitons du week-end prolongé de la fête du travail aux USA pour traiter d’une question générale. Beaucoup d’investisseurs se demandent s’il faut suivre la tendance ou s’il faut investir en fonction d’une analyse de fondamentaux. Ce débat peut se résumer à la définition du moment où une tendance, haussière ou baissière, n’en est plus une. Sur le marché des actions américaines, nous serions en « bull market », en marché haussier, depuis 9 ans. Mais comment définir la fin d'un marché haussier ? Une correction correspond à une baisse de 10%. Un marché est qualifié de baissier, de « bear market », lorsque la baisse s’établit à 20%. En d’autres mots, pour savoir que nous ne sommes plus dans un marché haussier, il faudrait avoir subi une baisse de 20%. Imaginons que le marché reprenne 10% après avoir baissé de 20%, serions-nous à nouveau en marché haussier ? Dans ce cas, il faudrait à nouveau suivre les prix et réinvestir en action, en anticipation de la prolongation du marché haussier, à venir. Pourtant entre novembre 2008 et fin décembre 2008, le marché des actions américaines a repris 16%, après avoir perdu 48% les 12 mois précédents. En suivant les prix, on aurait vendu nos actions en juin 2008 après avoir perdu 20% par rapport au plus haut. On aurait réinvesti fin novembre, rassuré par les banques centrales et le rebond de 10%... On aurait ensuite perdu à nouveau 23% entre fin novembre et mars 2009. Au total, on aurait perdu 36% par rapport à la valeur la plus haute de notre investissement. En d’autres mots, il aurait fallu avoir gagner 56% sur notre investissement initial pour ne pas avoir perdu d’argent. Avec cette méthode de gestion des risques, il aurait fallu investir en août 2003 pour ne rien avoir perdu de notre capital en mars 2009. Si l'on prend un second cas, entre septembre 1998 et mars 2000, soit 18 mois, les actions européennes ont augmenté de 120%. Hausse exceptionnelle. Si pour sécuriser ces gains, nous avions suivi la même méthode de gestion des risques, la performance sur la période aurait été de seulement 5% annualisé. Toutes entrées sur le marché après le 1 janvier 1999 aurait entrainé une perte en capital. Pour rappel, la bulle internet a commencé en 1997 et a éclaté en 2000. En 2003, le marché est redevenu haussier, après l'éclatement. Or en 1998, il y a une baisse de plus de 30%, entre juillet et octobre. Cela veut que nous ne disposions que de 2 mois pour reprendre nos esprits et réinvestir après une telle baisse. C’est pourquoi, lorsque l'on ne s’intéresse qu’aux mouvements récents pour gérer nos risques et nos positions, la performance des investissements est aléatoire.

  • C’est pourquoi nous mettons à la disposition de nos clients une méthodologie de gestion des risques basée sur la météo des marchés. Lorsque les actions sont surévaluées et que les conditions économiques et financières se détériorent alors il est raisonnable de se tenir à l’écart des actions. Lorsque les actions sont sous-évaluées et que les conditions économiques et financières s’améliorent, alors investir en actions est pertinent. Lorsque les actions sont sous-évaluées, que les conditions économiques et financières sont bonnes mais se détériorent, il est difficile d’avoir un avis tranché. Actuellement, nos indicateurs donnent des conditions économiques et financières en amélioration. Pour autant, le pôle : croissance économique / inflation est négatif depuis début juillet. Première fois depuis avril 2016 et avant cela, la période s'étalant entre août 2011 et janvier 2013. Nous restons donc très attentifs. Si cela durait pendant plusieurs mois alors cela aura it nécessairement un impact sur les autres pôles de la météo des marchés, qui pourrait, au global, se détériorer.

  • Depuis 2009, et le retour du marché haussier, le Russel 3000, l’indice représentant le total des actions cotées américaines a augmenté de 22 trillions de dollars, pour atteindre 30 trillions. 12 trillions sous l’ère Obama et 6 sous Trump. Les 500 entreprises du SP500 en constituent 24 trillions sur les 30. En guise de comparaison, les 50 entreprises européennes de l’Eurostoxx 50 ne pèsent que 3,4 trillions de dollar et celles du Stoxx 600, 600 entreprises toujours européennes, que 8,2. Dans le même temps la dette contractée par les entreprises américaines a augmenté de 2,5 trillions de dollars pour s’établir à 9 trillions. Clairement, la création de richesse depuis la fin de la crise financière n’est pas qu’issue de l’augmentation de la dette des entreprises. Pour autant, la dette des entreprise par rapport au PIB atteint maintenant le seuil de 45%. Ce seuil n’a jamais été dépassé depuis le début des années 80 sans déclencher une récession. De nombreux analystes attirent l’attention des investisseurs sur la profitabilité et la soutenabilité de la dette du secteur du « fracking », exploration et production de pétrole à partir des gaz de schiste.


Mathieu Hamel