Investissement sur les marchés financiers, Gestion de portefeuille personnel, ETF & Technologies, Assurance-vie

WEEKLY #37 // semaine du 4 Août 2018
par Mathieu Hamel 06/08/2018 Weekly

Le but de ces notes hebdomadaires est de vous aider à suivre la narration des marchés afin de comprendre et d'anticiper ces derniers. Construisez ainsi une opinion critique sur nos recommandations et personnalisez vos investissements quand vous le souhaitez.

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Cette semaine sur les marchés...

  • Alors que le consensus commençait à considérer que Trump était seul contre tous dans sa croisade pour la restauration des barrières douanières, cette semaine nous a montré qu’il existait, à Washington, d’autres relais politiques au mercantilisme. Il semble que la motivation principale provienne de la volonté de traiter la Chine comme une puissance économique égale à celle des USA. Les actions européennes ont baissé de 1,2% et les actions américaines ont augmenté légèrement. Surtout, après avoir dépassé 3%, les taux d’intérêt américains à 10 ans sont retombés en dessous de 2,95%. Le taux de change euro-dollar a atteint 1,17 pour retomber plus tard à 1,1565, toujours tiré, selon nous, par des facteurs fondamentaux : par le différentiel de taux d'intérêt entre l’Europe et les USA : 0,4% pour le Bund allemand à 10 ans vs 2,95% pour les T-Bills Américains; mais aussi et surtout par l'augmentation continue du bilan de la BCE et la diminution de celui de la FED : 40% du PIB européen pour la BCE et 21% du PIB américain pour la FED. Ces deux facteurs ont été favorables à l’allocation systématique de Marie Quantier. Il y a un paradoxe intéressant dans ces mouvements. Le retour des barrières douanières pousse à la hausse les taux d’intérêt, via l’anticipation d’un retour de l’inflation malgré une baisse anticipée de la croissance mondiale. Et lorsque le consensus anticipe que la guerre commerciale n’aura pas lieu, les taux d’intérêt baissent, en anticipation d’une inflation contenue, mais d’une croissance économique mondiale inchangée. Cela veut dire d'après nous que le consensus anticipe plutôt la fin de l’accélération de la croissance économique.

  • La banque centrale du Japon, une fois n’est pas coutume, a concentré l’attention du consensus. Les spéculations autour d’une modification des conditions de son Quantitative Easing, la création de monnaie par la banque centrale, ont fait bougé les taux d’intérêt américains. D’une amplitude somme toute très raisonnable, mais bouger quand même. Le Quantitative Easing japonais est actuellement équivalent à 800 milliards de dollar. Chaque année. Le Quantitative Easing de la FED de mars 2009, aux USA, qui a sorti l’économie mondiale de la crise financière, était de 1000 milliards de dollar. Cela donne une idée de l'importance de ce qu'il se passe au sein de la banque centrale japonaise. De plus, les investisseurs japonais investissent massivement aux USA. Le Japon est par exemple le 3e acheteur de bon du trésor américains, derrière la FED et la Chine. C’est pourquoi le cours du dollar-yen est un indicateur du débit des flux financiers du Japon vers les USA. La corrélation entre le yen-dollar et les cours du SP500 est connue. Lorsque le dollar s’apprécie, vente de yen et achat de dollars, le SP500 monte. Il en va de même pour les obligations américaines. Le dollar monte face au Yen en même temps que les taux d’intérêt baissent aux USA. En d'autres mots, la banque centrale du Japon est la 2e banque centrale de l’économie américaine. En 2007, la crise des Sub-Primes a été catalysée par des changements monétaires au Japon. Mais cette semaine, les japonais ont rassuré et les taux d’intérêt aux USA sont redescendus. La modification du Quantitative Easing japonais n’est pas à l’ordre du jour. La FED réduit certes sont bilan mais ni la BCE, ni la Banque centrale du Japon n’a jugé que son économie était sortie de convalescence. Elles continuent donc toutes deux leur Quantitative Easing. Le monde, globalement, voit toujours plus de liquidités arriver chaque année dans le système monétaire. Dans ce contexte, la dernière mesure de l’inflation en Allemagne montre qu’elle s’établirait juste au dessus de 2%. Y compris en Saxe, un Länder de l’Est.

  • Si les USA et l’Europe sont sortis de la zone de risque de déflation, l’or va-t-il profiter du prolongement des Quantitative Easing ? Tout d’abord, tant que la croissance du salaire horaire ne sera pas avérée et confirmée sur plusieurs trimestres aux USA, la lutte contre la déflation ne sera pas gagnée. Il en va de même pour l'Europe. Il existe des ETF pour investir sur les entreprises minières du secteur de l’Or : GDX et GDXJ. Le deuxième étant pour les minières « start-up », « junior », du secteur. Depuis les accords de la Jamaïque de 1976, l’or n’a plus de rôle légal dans le système monétaire mondial. Mais la force des habitudes est puissante. L’héritage de 3000 ans de pratique ne disparaît pas du jour au lendemain. D’ailleurs, le Bitcoin continue de "vendre" ce que l’or ne fait pourtant plus depuis 1976. Cela montre la force du phénomène. Il y a deux facteurs majeurs sur le marché de l’or et un mineur. Le premier majeur est l’existence de stocks d’or colossaux détenus par les banques centrales. Elles peuvent en acheter ou s’en défaire, et faire fluctuer le prix, pour des raisons arbitraires. Le premier facteur mineur est le rôle de l’or comme valeur de protection contre l’inflation. Mais l’immobilier et les actions sont aussi des actifs très efficaces contre l’inflation. "Last but not least", le deuxième facteur majeur est Diwali, la fête religieuse indienne, pendant laquelle les échanges d’or physique sont les plus importants du monde. L’activité autour de l’or pendant Diwali dépend de la qualité des récoltes, notamment dans le Rajasthan et l’Uttar-Pradesh, qui dépendent uniquement de l’intensité de la mousson. Nous venons de finir la première mousson, la deuxième arrive à la fin de l’été, et elle a été en-dessous de la moyenne.... En d'autres mots, il nous parait incongru de faire varier les portefeuilles de nos clients en fonction de facteurs aussi aléatoires et éloigner de la création de richesses mondiales. C’est une autre manière de dire que nous déconseillons à nos clients de s’intéresser sérieusement à l’or en tant qu'investissement.


Mathieu Hamel