Investissement sur les marchés financiers, Gestion de portefeuille personnel, ETF & Technologies, Assurance-vie

WEEKLY #34 // semaine du 14 Juillet 2018
par Mathieu Hamel 14/07/2018 Weekly

Le but de ces notes hebdomadaires est de vous aider à suivre la narration des marchés afin de comprendre et d'anticiper ces derniers. Construisez ainsi une opinion critique sur nos recommandations et personnalisez vos investissements quand vous le souhaitez.

S'abonner aux notes hebdomadaires Marie Quantier

Cette semaine sur les marchés...

  • Les conditions économiques et financières restent en amélioration. Cependant, selon la méthodologie Marie Quantier, le pôle croissance et inflation est passé en négatif. Les PMI d’Europe, de Chine, mais aussi des USA, ne sont plus en amélioration. Ces PMI restent au-dessus de 50, ce qui signale une expansion de la croissance économique, mais cette expansion décélère sur les trois derniers mois. Le PMI chinois s’établit tout juste à 51. Cela vient corroborer l’atonie du moral des industriels allemands, mesuré par l’indice ZEW, qui continue de se détériorer, au plus bas depuis cinq ans. Les exportations industrielles allemandes, principalement machines-outils, sont très dépendantes de l’activité chinoise, dont les usines s’équipent principalement en machines allemandes. Les actions américaines continuent de remonter vers leur plus haut atteint en janvier, alors que les actions européennes s'éloignent bien plus doucement de leur plus bas de la fin du mois de mars. Les actions chinoises restent sur une baisse de plus de 20%. Les taux d’intérêt continuent de diminuer, s’établissant pour les taux d’intérêt à 10 ans aux USA à 2,83%. Si la guerre commerciale ne se fait pas sentir pour l’instant sur les actions, ce n'est pas le cas pour les obligations. Le consensus anticipe une baisse de l’inflation, ce qui revient à anticiper une baisse du potentiel de croissance économique de moyen terme.

  • M. El Erian, ancien CEO de PIMCO, le plus gros fonds d’investissement obligataire dans le monde, et actuellement conseiller économique pour l’assureur allemand Allianz a proposé cette semaine une analyse qui expliquerait l'attitude du consensus vis à vis des actions américaines. Dans le cas d’une guerre commerciale, les USA seraient relativement avantagés. Non pas dans l’absolu, mais relativement. Les deux autres zones économiques intégrées, UE et Chine, ne sont pas aussi abouties que l’économie américaine. La gouvernance économique y est moins puissante, budget fédéral et capacité à réguler. De plus, seuls les USA peuvent prétendre être une zone monétaire optimale. Les chocs économiques asymétriques sur le territoire peuvent être absorbés soit par des mouvements de population, soit par des transferts budgétaires. En Europe, les barrières de langues et les pressions nationalistes limitent l’optimalité de la zone monétaire euro. En Chine, le système des Mingongs, les migrants de l’intérieur, est incompatible avec le développement d’une « société harmonieuse » pour reprendre la terminologie du 16e comité central de 2005. Ces 300 millions environ de chinois ne peuvent s’établir librement sur l’ensemble du territoire à leur bon vouloir. Il existe un « passeport » entre provinces. Ils peuvent être expulser de leur province d’adoption du jour au lendemain. Enfin, seuls les USA forment un marché suffisamment auto-suffisant pour offrir des économie d’échelle significative en cas d’isolationnisme commercial prononcé. De ce fait, les entreprises américaines deviendraient relativement plus attractives que les autres.

  • Comme vous le savez peut-être, Marie Quantier s’installe progressivement à Los Angeles. Los Angeles nous apparait comme la ville iconique des mutations économiques : média (Netflix, Snapchat, Tinder), automobile (Tesla), transition énergétique, agro-alimentaire, etc. Los Angeles est loin de tout et vit comme une île. C’est le facteur principal, d’après nous, qui en fait un laboratoire à tendances. Alimentée en ingénieurs par Caltech, à la fois les plus nombreux et les meilleurs du pays, et en marketers en provenance d’Hollywood et des agences de pub. Les nouvelles tendances alliant consommation de masse et technologies devraient naitre ici. Notamment les tendances lourdes liées au commerce et à la réalité augmentée et/ou virtuelle. Or le SP500 reste tiré par le Nasdaq, l'indice des valeurs technologiques. Amazon pèse 10% du Nasdaq et 3% du S&P 500. 50% du volume d’affaires du e-commerce, ce qui représenterait environ 5% du commerce physique. Amazon est massivement critiqué pour les effets néfastes qu’il entraîne sur les commerces. Les consommateurs vont en magasin essayer ou voir les produits avant de les acheter en ligne. La logistique excellente d’Amazon et la réduction en couts de magasin permettent d’avoir des prix bien plus attractifs. Bien sûr, à cela s'ajoute la subvention du e-commerce par les activités très rentables du "cloud computing". Cependant le coeur du modèle d'Amazon réside dans l'absence de coût de location d'espace de magasin. Or des entreprises comme Google et Facebook investissent de manière colossale dans les studios spécialisés en réalité augmenté de Los Angeles pour concevoir l’espace de vente de demain. Il faudrait alors imaginer une salle blanche, des lunettes et des vendeurs ultra-qualifiés. Les consommateurs navigueraient dans un magasin virtuel, s’arrêteraient sur les produits « vanille » et les achèteraient directement sans passer par une caisse, leur carte de crédit et leur adresse de livraison étant pré-enregistrés. Pour les produits « nouveaux » ou « techniques », ils pourraient directement demander aux vendeurs sur place. Technicité et relation humaine. Ces enseignes auraient la possibilité de devenir aussi compétitifs qu’Amazon et offriraient en revanche un service qu’Amazon ne sera jamais capable d'offrir, du fait de son approche généraliste. Ce point renforce notre circonspection actuelle sur le Nasdaq.


Mathieu Hamel