Investissement sur les marchés financiers, Gestion de portefeuille personnel, ETF & Technologies, Assurance-vie

WEEKLY #30 // semaine du 16 Juin 2018
par Mathieu Hamel 16/06/2018 Weekly

Le but de ces notes hebdomadaires est de vous aider à suivre la narration des marchés afin de comprendre et d'anticiper ces derniers. Construisez ainsi une opinion critique sur nos recommandations et personnalisez vos investissements quand vous le souhaitez.

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Cette semaine sur les marchés...

  • La FED a renouvelé sa volonté de normaliser son action. Les taux directeurs, les taux d’intérêt qui gouvernent les prêts et les emprunts d'une journée des banques entre elles, ont été augmentés. De plus, la réduction du montant des actifs achetés par la FED durant le « Quantitative Easing » dans le but d’offrir des liquidités au marché est maintenu et atteint sa vitesse de croisière. La réduction du bilan consiste à laisser les obligations être remboursées, à un rythme de quelques centaines de milliards de dollar par mois, et de ne réinvestir qu’une partie des sommes remboursées. De manière à ne réduire le bilan de la FED que de l’ordre de 50 milliards de dollars par mois. En d’autres termes, la FED reste encore très active sur le marché obligataire. Et c’est ce que considère le consensus lorsque, face à l’aplatissement et à l’inversion de la courbe des taux d’intérêt, les taux d’intérêt à court terme devenant supérieur aux taux d’intérêt à long terme, habituellement un signal fort de retour d’une récession, il (le consensus) ne panique pas. L’intervention de la Fed, qui continue d’agir sur les obligations de long terme et sur la baisse des taux d’intérêt de long terme, et le besoin de financement sans précédent du gouvernement américain qui doit financer la réforme fiscale de Trump, ce qui a un impact sur les obligations de court terme et augmente les taux d'intérêt de court terme, semble devoir expliquer l’aplatissement de la courbe des taux d'intérêt. La Banque Centrale Européenne s’est aussi exprimée. Elle va maintenir son intervention massive, « Quantitative Easing », au moins jusqu’en Décembre. C’était l’hypothèse la plus accommodante envisagée par le consensus. C’est pourquoi, malgré l’évocation de hausses de taux dans un avenir lointain (2019), le consensus s’est focalisé sur les décisions de court terme, le prolongement du « Quantitative Easing ». L‘euro a baissé de 1,5%, les actions européennes ont augmenté de 2% et les taux d’intérêt européens ont un peu baissé. Dans notre dernière suggestion, vous avez pu remarquer la présence d’obligations de long terme, d'une durée allant jusqu’à 20 ans. Plus la durée des obligations est longue, plus la variation de leur prix en fonction des taux d’intérêt est importante. C’est pourquoi, malgré de petites variations sur les taux d’intérêt, leur valeur a plus fortement fluctué qu'à habitude sur MQ.

  • Le coût de l’assurance contre le risque de défaut des entreprises américaines en bonne santé financière, appelé CDS « Investment Grade », ne cesse d’augmenter depuis janvier alors que le prix des actions américaines, SP500, augmente. Traditionnellement, lorsque le prix des actions augmente, le coût de la protection conte le risque d’impayé diminue. Si certains analystes évoquent le début d’un changement de cycle, nous y voyons plutôt un nouveau signe de la disparité dans le comportement des actions américaines selon leur secteur d’activité. Le poids des obligations d’entreprises technologiques est moins fort dans les CDS « Investment Grade » que dans le SP500. Nous restons très prudent sur les actions technologiques car nous ne comprenons pas la dynamique actuelle en dehors de l'effet moutonnier.

  • Nous voulons profiter de la baisse du Bitcoin, qui retrouve son niveau très bas de février pour évoquer le FOMO, « Fear Of Missing Out », la peur de « rater ». A la suite de la fermeture d’une plateforme en Corée du Sud, de début d’enquêtes aux USA sur la manipulation des cours des cryptomonnaies et de la déclaration de la Banque Centrale Suisse affirmant que le Bitcoin ne pourra pas se substituer aux monnaies du fait de sa consommation d’électricité déjà équivalente à celle de la Suisse, le Bitcoin a connu une baisse cette semaine. Il est habituel, en banque privée et dans les Hedge Funds, de voir les clients soutenir leur gestionnaire lorsque le marché baisse. Les clients demandent à passer de la gestion sous mandant à la gestion conseillée après les baisses. Enfin, ils changent de boutique lorsque le marché monte mais que leur portefeuille monte moins vite. La peur de gagner moins que ses proches est un moteur pour l’action plus puissant que le constat d’une mauvaise gestion pendant les crises financières. Bien que largement répandue, cette attitude n’est pas propice à la performance. En effet, l’essentiel de la création de richesse sur les marchés financiers consiste à ne pas la détruire pendant les baisses. Il est plus performant d’avoir une excellente gestion des risques que d’être agressif pendant la hausse. Le Bitcoin est une énième illustration de la fable du lièvre et de la tortue. Méfiez-vous du FOMO, il détruit trop souvent votre performance de long terme.


Mathieu Hamel