Investissement sur les marchés financiers, Gestion de portefeuille personnel, ETF & Technologies, Assurance-vie

Les banques, c'est tellement années 80 !
par Nicolas Pierret 26/04/2015 Le temps d'un café

A l’image d’Uber qui a su s’imposer face aux taxis du monde entier en apportant une nouvelle qualité de service sur le secteur traditionnel du transport individuel, les fintechs doivent se démarquer des banques traditionnelles et rapprocher le service aux besoins réels du consommateur final. Pour cela, elles disposent de plusieurs leviers de différenciation. Dans le conseil en investissement financier, le premier facteur et non des moindre est celui de l’indépendance vis-à-vis des acteurs traditionnels de la finance.

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Les FinTech mettent le modèle économique et de distribution des banques sous pression

L’indépendance comme ADN

Ce qui caractérise et doit faire partie de l’ADN des fintechs, spécifiquement dans le domaine du conseil en investissement financier, c’est l’indépendance. Indépendance vis-à-vis des banques, des courtiers et des fonds d’investissement. En effet, l’avantage de ce type de service est de pouvoir proposer des recommandations d’investissement en totale impartialité, en évitant tout conflit d’intérêt et en travaillant à l’amélioration continue du service apporté aux consommateurs de produits financiers.

Indépendance du capital

Même si les fintechs ont besoin des banques pour sécuriser les avoirs de leurs clients, celles-ci doivent se tenir éloignés de l’influence des acteurs traditionnels de la banque pour pouvoir offrir un service de qualité. En effet, beaucoup de banques s’intéressent aux fintechs pour leurs innovations et prennent des participations dans leur capital. Cependant, de la prise de participation minoritaire à l’influence active, il n’y a qu’un pas. Les startups peuvent tomber rapidement dans la facilité de proposer les produits de leur partenaire financier comme échange de bons procédés. Pourquoi croyez-vous que les produits de marque Carrefour sont toujours placés au niveau de votre regard ?

Cependant, dans le cas des services financiers, ceci se fait souvent au détriment du consommateur ou en tous cas pas forcément dans son intérêt. En effet, les produits « faits maison » proposés ne sont pas toujours les meilleurs du marché. L’indépendance du capital des fintechs est donc indispensable à la qualité de leurs services. Elle leur permet de pouvoir faire une sélection des meilleurs produits sans aucune influence et d’assurer aux clients le meilleur choix possible dans leur intérêt.

Indépendance du modèle économique

L’indépendance du capital ne suffit pas pour offrir aux clients les meilleurs conseils. Le choix du modèle économique ou le mode de rémunération du conseiller financier 3.0 est aussi important pour prouver son indépendance. En effet, la plupart des conseillers financiers ou distributeurs d’assurance-vie sur internet perçoivent des commissions sur les produits qu’ils proposent. En résumé, je vous conseille le fonds « Carmignac Patrimoine », vous réglez les 2% de frais de gestion annuel, Carmignac me rétrocède 80% de ces frais de gestion comme apporteur d’affaire. On peut imaginer l’intérêt du conseiller à vous proposer les titres sur lequel il aura la plus forte rémunération. D’ailleurs, ce mode de rémunération est en train de disparaître progressivement en Europe pour éviter tout conflit d’intérêt potentiel. La France est encore la dernière à vouloir adopter les directives venant de Bruxelles mais le mode de rémunération transparent et sans rétro-commission pour les conseillers financiers va devenir très vite la norme.

Vérifiez que ce système de commission n’est pas répliqué au niveau du courtier. Certains conseillers peuvent passer des accords avec des courtiers en ligne et se faire rémunérer pour chaque nouveau client apporté et/ou à chaque modification de portefeuille. En effet, les courtiers se rémunèrent sur les frais de transaction c’est-à-dire un coût à chaque achat ou vente de titre. Il peut donc apparaître intéressant de vous faire modifier votre portefeuille pour toucher ces frais. Rien ne dit cependant qu’en gardant votre position vous n’auriez pas fait de gains équivalents. Encore une fois, le refus de toute commission par le conseiller est un gage de qualité et d’indépendance.

Un label rouge du conseil financier

Le rôle et la valeur ajoutée de ces nouvelles fintechs et notamment sur le secteur du conseil en investissement financier est donc d’offrir une sorte de certification de type « label rouge ». Un label de qualité et d’indépendance qui sort du modèle actuel proposé par les banques et les conseillers financiers classiques et dont l’objectif premier est d’améliorer la vie du consommateur. Plus besoin de maximiser les marges sur le dos des consommateurs, offrez ce qu’il y a de meilleur, ils viendront nombreux. Ce devrait être la devise des fintechs.

Message réglementaire: "Attention, tout investissement comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne présagent pas des performances futures. Les supports en unités de compte et ETF ne sont pas garantis et sont soumis aux fluctuations des marchés financiers à la hausse comme à la baisse. L’entreprise d’assurance ne s’engage que sur le nombre d’unités de compte, mais pas sur leur valeur."


Nicolas Pierret