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Allocation au sortir des résultats
par Mathieu Hamel 24/04/2017 Le temps d'un café

Quel est l'impact des résultats sur l'allocation de portefeuille.

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Second tour des élection présidentielles

En cas de second tour en dehors des 2 extrêmes, alors nous pensons que le marché est tributaire des fondamentaux : en premier lieu le rapport entre le prix des actions et le niveau de bénéfices des entreprises et le niveau des taux d'intérêt. La météo des marchés ne changera pas à la sortie des résultats. Nous ne prévoyons donc pas de rebalancement dans ce cas.

Dans le pire des scénarios

Il existe un autre cas : un second tour Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon. Ce cas créé un risque de dislocation de la zone euro, bien que ce processus serait progressif.

Il est peu probable que l'Allemagne ne cherche pas à reconstituer une zone monétaire optimale et un marché commun avec d'autres pays européens. Il n'y a en effet aucune autre alternative pour que les entreprises puissent rivaliser contre les entreprises US, Chinoises ou Indiennes. Il est nécessaire d'avoir un marché important et un écosystème intégré afin de créer des effets d'échelle et donc de la productivité.

C'est pourquoi nous nous attendons à une fuite vers les obligations d'État allemand, les Pays-Bas et l'Autriche. A l'opposé, nous pensons que la dette de l'Italie et de l'Espagne seront impactées fortement par la baisse des titres de la dette française. C'est pourquoi nous recommandons de vendre dès l'ouverture l'ETF Euro Souverain "iShares Core € Govt Bond UCITS ETF" qui est constitué à 64% des dettes à risque en cas de second tour Marine Le Pen avec Jean-Luc Mélenchon et seulement à 27% des dettes valeurs refuges et d'investir le subsides en bon du trésor américain "SPDR Barclays U.S. Treasury Bond UCITS ETF".

Nous pensons que l'impact se matérialisera au niveau des CDS souverains (prix de l'assurance contre un risque de défaut) de la zone périphérique : Italie, Espagne mais aussi pour la France. De manière opposé, les CDS de l'Allemagne et des Pays-Bas principalement devraient être impacté positivement. Il n'est pas sûr que l'impact se répercute au niveau de la courve des taux interbancaires. Cela veut dire que les obligations d'entreprise ne devrait pas être significativement impactées.

Le risque ne se concrétisera pas directement. Il faudra attendre les élections législatives. Pour autant, et quelque soit le résultat des élections législatives, le monde tel qu'on l'a connu depuis la création de l'euro disparaitra. Car la France aura perdu la confiance des pays fondateurs de l'Union Européenne et de l'euro. Nous nous attendons à une fuite vers les valeurs refuges, la dette allemand, nous l'avons déjà dit et les bons du trésor américain. Nous pensons donc que le dollar s'appréciera. Nous pensons que le marché n'a en rien intégré le risque d'une dislocation de l'euro, qui serait incommensurablement pire que la faillite de Lehman Brothers. Le risque sera simplement moins brutal, il ne se concrétisera pas du jour au lendemain.

Nous rappelons qu'il n'existe aucune alternative de sortie du Fond Européen de Stabilité Financière (FESF). Le continent replongera donc dans la crise des dettes souveraines (Grèce, Italie, Portugal, Espagne et ... probablement France). Bien évidemment, sans monnaie unique, plus de Banque Centrale Européenne, le "Quantitative Easing" (QE) qui a permis à l'Europe de sortir de la déflation serait arrêté. Nous n'avons aucune idée sur les modalités et les conséquences d'un tel arrêt. L'Union bancaire qui sous-tend la crédibilité du FESF et la légitimité du QE disparaitrait à son tour. Or l'Union Bancaire est un outil puissant pour lutter contre le risque de confiance entre institutions financières et donc contre le risque de liquidité et, en dernier lieu, de solvabilité. Il n'existe aucun plan pour parer aux conséquences. C'est pourquoi les actifs américains sembleront bien plus sûrs dans ces conditions.

Le portefeuille avec beaucoup d'obligations et pratiquement 45% de dollar après le rebalancement est très défensif. Nous ne prévoyons donc pas de le changer

Message réglementaire: "Attention, tout investissement comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne présagent pas des performances futures. Les supports en unités de compte et ETF ne sont pas garantis et sont soumis aux fluctuations des marchés financiers à la hausse comme à la baisse. L’entreprise d’assurance ne s’engage que sur le nombre d’unités de compte, mais pas sur leur valeur."


Mathieu Hamel