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Référendum italien. So what?
par Mathieu Hamel 30/11/2016 Marchés & Techno

A quelques jours du référendum italien et après l'effet Trump qui a envoyé les actions en orbite, réalisons un état des lieux de la situation économique et financière à partir des outils Marie Quantier (Météo, Yin Yang Finance et MiniBloom). Nous évaluerons ensuite l'impact sur vos portefeuilles que pourrait avoir le choix des italiens vis-à-vis de la réforme constitutionnelle visant à faciliter le travail de réforme.

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Faut-il modifier mon portefeuille avant le référendum italien ?

Quel est l'état des lieux proposé par la météo des marchés ?

L'économie mondiale est toujours en amélioration marquée : retour des espoirs d'inflation, hausse des prix du pétrole, activité industrielle confirmée. Plusieurs indicateurs sont meilleurs qu'avant l'élection de Donald Trump.

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Les indicateurs présents dans l'application Marie Quantier se concentrent vers la droite. Vous pouvez voir aussi l'évolution en cliquant sur Yin Yang Finance et voir l'état des différents pôles de l'économie et des marchés.

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La valeur numérique de "World Economic Health" (à droite) est positive à 0,39. Pour rappel, au dessus de 0, l'état de l'économie mondiale s'améliore selon nos indicateurs.

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Mais les actions s'approchent dangereusement du niveau à partir duquel il est certain qu'elles sont surévaluées. C'est pourquoi avant le référendum, l'état économique et financier est toujours, selon nous, en "expansion". Mais il est à la limite de l'état "euphorie", dans lequel nous ne recommandons pas plus de 10% de votre allocation investie en actions. Les résultats des entreprises pour le prochain trimestre sont attendus en hausse. Cela ferait baisser l'indice de cherté, renforçant l'état "expansion". Cependant, une simple augmentation des taux d'intérêt de 0,5% aux USA enverrait les actions dans le territoire "Surévaluées".

Le prix des actions a fortement augmenté. Il en est de même pour le dollar, comme vous pouvez le voir grâce à MiniBloom.

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On peut aussi voir l'impact de l'élection de Trump sur le taux de change entre le dollar et le yen. Cela confirme la hausse de dollar et non pas la baisse de l'euro.

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Cela s'explique par l'augmentation des taux d'intérêt aux USA, représentée ici par l'augmentation du taux d'intérêt à 10 ans. Lorsque les taux augmentent aux USA alors les obligations y sont mieux rémunérées. Il devient donc plus intéressant d'y investir. C'est pourquoi, les détenteurs d'euro ou de yen par exemple vendent ces devises et achètent du dollar (ce qui fait augmenter le dollar face à ces devises).

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On peut comparer les courbes de taux euro et dollar dans MiniBloom.

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Une hausse des taux ou bien une déstabilisation significative de la gouvernance en Italie (ou les deux) pourrait remettre notre allocation en question.

Les conséquences du référendum remettent-elles en question les conclusions de la météo des marchés ?

Le point crucial n'est pas, d'après nous, la risque d'une sortie de l'Italie de la zone euro. Il serait extrêmement difficile pour un gouvernement populiste (comme celui que pourrait former le parti 5 étoiles) de sortir de l'euro. Bien plus que pour le Brexit par exemple. De plus, les italiens sont très attachés à la monnaie unique. A long terme, l'enjeu du référendum porte plutôt sur la capacité de l'Italie, troisième puissance économique européenne, à créer des richesses grâce à des réformes facilitées par une modification de l'organisation institutionnelle. En revanche, à court terme, et c'est pour nous l'enjeu principal du vote, le résultat du référendum aura un impact direct sur la capacité des banques italiennes (Unicredit, Banca Monte dei Paschi di Siena, mais aussi certaines Banco Popolare) à se refinancer.

Sans gouvernement fort (vote oui au référendum) les investisseurs privés pourraient ne pas accepter de participer au plan de refinancement de toutes ces banques (autour de 20 milliards d'euro au total). Dans ce cas, seul un refinancement par l'état italien permettra d'éviter la faillite. Mais pour cela, en accord avec les nouvelles règles de l'Union Bancaire européenne, les créanciers privés doivent participer à l'effort de refinancement. En d'autres mots, plusieurs milliards d'euros de l'épargne des particuliers italiens investis dans les obligations des banques italiennes seront perdus. C'est en effet une des règles mis en place par l'Union Bancaire pour sauver le système bancaire à la suite de la crise de 2008. En d'autres termes, si le oui l'emporte, le secteur bancaire italien a beaucoup de chance de pouvoir s'assainir. Si le non l'emporte, pour cause de sentiment anti-européen, alors les petits épargnants italiens seront mis à contribution. Le système bancaire et les dépôts seront, à n'en pas douter, sauvés. Mais dans ce cas, le sentiment anti-européen sera renforcé. Il est à noter, le sauvetage des banques italiennes par l'état italien n'est rendu possible que dans le cadre de l'union bancaire (qui entraîne la perte des petits épargnants) qui autorise l'achat de bons du Trésor italien par la banque centrale européenne qui protège l'état italien d'une crise de liquidité.

En conclusion, le système sera sauvé à court terme, mais les populistes italiens pourraient profiter de frustration des petits épargnants pour faire avancer leurs idées. Cela créerait plus d'incertitudes sur la capacité de l'Italie à se réformer. Les incertitudes entraînent des fluctuations à court terme à la fois sur l'euro et sur le prix des actions.

Quelles sont les conclusions en terme d'allocation pour mon portefeuille ?

En cas de "oui" au référendum, il est possible que rien ne se passe de significatif au niveau des actions. Les espérances en provenance d'Italie sont très faibles. L'Italie fait bouger les marchés lorsque sa situation fait craindre pour le reste de l'Europe. Mais lorsqu'il y a de bonnes nouvelles, cela ne change pratiquement rien. L'euro pourrait remonter mais nous en doutons. Nous pensons que le dollar augmente du fait de la hausse des anticipations d'inflation aux USA (une bonne nouvelle). De ce fait, quoiqu'il se passe en Italie, l'impact sera faible par rapport à l'importance du retour de l'inflation aux USA.

En cas de "non" au référendum, nous l'avons vu plus haut, nous pensons que les conséquences ne seraient pas graves. En cas de baisse des actions, nous aurions dans le même temps une baisse de l'euro. Entre 20% et 30% des portefeuilles bénéficie actuellement de la hausse du dollar : le Vanguard SP500, le SPDR - Barclays US Obligations d'état et le iShares - iBoxx US Obligations d'entreprises solides. Le Lyxor - S&P 500 est couvert du risque de change. De plus, en cas de panique sur les marchés, nous assisterions à une fuite vers les actifs les plus sûrs : les obligations d'état US (Treasuries) et les obligations d'états Allemand (Bund). Ces achats d'obligation d'état entraîneront la baisse mécanique des taux d'intérêt. Cet effet rendra les actions moins proches de la surévaluation.

C'est pourquoi, nous pensons qu'il ne faut pas modifier l'allocation actuelle. En cas de "oui", il est probable que les actions en profitent. En cas de "non", il est probable que l'exposition au dollar compense en partie la baisse des actions qui ne devrait pas être très importante. Enfin, en cas de réelle panique sur le marché européen, la baisse des taux US, conséquence de la fuite vers les obligations d'état US (valeur refuge), renforcera le potentiel de hausse des actions US.

Message réglementaire: "Attention, tout investissement comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne présagent pas des performances futures. Les supports en unités de compte et ETF ne sont pas garantis et sont soumis aux fluctuations des marchés financiers à la hausse comme à la baisse. L’entreprise d’assurance ne s’engage que sur le nombre d’unités de compte, mais pas sur leur valeur."


Mathieu Hamel