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Mon profil de risque est-il plutôt 7 ou 8 ?
par Nicolas Pierret 29/03/2017 Le temps d'un café

Prudent, équilibré, dynamique ou audacieux sont les profils de risque généralement proposés lorsque l’on souhaite souscrire à une assurance-vie. Mais, à quoi cela correspond-il finalement ? Pire, lorsque l’on doit choisir un profil entre 1 et 10 comme dans les nouvelles offres de gestion sous mandat proposées en ligne. Je suis 7 ou plutôt 8 ? En fait je ne sais pas. Regardons de plus près ce que cela signifie.

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Mon profil de risque est-il plutôt 7 ou 8 ? Je n’en ai aucune idée.

Pourquoi me parle t-on de profil de risque ?

Lorsque l’on souhaite souscrire à un produit financier comme une assurance-vie ou un PEA, on doit nécessairement passer par le fameux questionnaire investisseur. Celui-ci est requis par l'Autorité des Marchés Financiers pour assurer un bon conseil aux investisseurs et les protéger contre les ventes abusives de produits financiers complexes. Ce questionnaire permet en outre de déterminer le profil de risque de l'investisseur. Ce jargon est utilisé pour définir notre tolérance au risque financier.

Pour cela, on doit remplir un certain nombre d’informations comme ses revenus, son expérience d’investissement, son horizon ou encore ses objectifs d’investissement. Comme par magie, on se retrouve affublé d’un profil investisseur au nom évocateur : prudent, équilibré, dynamique ou bien encore audacieux. Merci pour le compliment !

Que se cache-t-il derrière ces doux adjectifs ? Un concept financier au nom barbare, la volatilité. Cette mesure du risque définie l’ampleur des variations de votre portefeuille. A chaque profil de risque est associé un niveau de volatilité, +10% / -10% ou +20% / -20% par exemple, qui est censé représenter votre tolérance à la variation de votre portefeuille.

Jusque-là rien de bien anormal. Vous prenez donc les variations de votre portefeuille sur 5 ans et vous en déduisez une moyenne. Approche pertinente a priori mais que se passe-t-il dans les cas extrêmes ? Vous savez, ceux pour lesquels la baisse de votre portefeuille est tellement importante qu’elle vous empêche de dormir tranquille. Ceux qui vous poussent à vendre pour éviter de tout perdre alors que c’est le pire moment pour le faire. Eh bien non, la volatilité calculée en moyenne ne prend pas en compte ces cas. Celle-ci est donc une mauvaise évaluation du risque pour un investisseur particulier et n’est pas intuitive.

L’homme d’affaires et investisseur américain, Warren Buffett, constatait à ce titre que quelle que soit la volonté des investisseurs à s’en tenir à leur plan, ils se précipitaient toujours pour acheter des titres pendant les périodes de prospérité et vendaient massivement lors des cracks, incapables de se raisonner.

La baisse maximale possible, une notion adaptée à l’investisseur particulier

Le problème n’est pas de caractériser le profil de risque de l’investisseur par un qualificatif agréable ou bien par un numéro mais plutôt d’attribuer la bonne mesure du risque derrière ce profil. Il existe une notion beaucoup plus intuitive et adapté à la rationalité du cerveau humain. Il s’agit de la baisse maximale possible. En d'autres mots, c'est la perte maximale que vous êtes prêt à accepter dans les pires des scenarii.

Ce concept est très bien défini en finance. On parle de « Maximum Drawdown » c’est-à-dire la baisse maximale par rapport au plus haut atteint. Un exemple concret, vous achetez un appartement 500 000 euros, celui-ci s’apprécie pour valoir 600 000 euros 5 ans plus tard. Vous avez complètement oublié l’avoir acheté 500 000, 5 ans plus tôt, et souffrez déjà de voir sa valeur baisser à 550 000, 500 000,…. A quel moment allez-vous le vendre car vous ne supportez plus de voir sa valeur baisser ? Il est facile de répondre à cette question, qu’en pensez-vous ?

Autre illustration, prenez l’Eurostoxx 50, l’indice des 50 plus grandes entreprises européennes (Total, Sanofi, Siemens, Allianz,…). La baisse maximale de cet indice a été de près de 55% si vous aviez investi dans cette valeur depuis juillet 2000. Auriez-vous accepté de garder ce titre en portefeuille après avoir vu sa valeur diminuer de plus de moitié ?


Finie la volatilité, bienvenue le budget de risque

Avec la notion de baisse maximale comme mesure de risque, il est possible de déterminer un budget de risque. On parle de capacité de résistance à la baisse de son portefeuille. Il est ainsi très facile de savoir si l’on accepte une baisse maximale de 10, 20 ou 30%.

En outre, la baisse maximale possible d’un portefeuille peut être simulée précisément. On peut donc mesurer le risque que l’on prend avant même d’investir son portefeuille. On est ainsi beaucoup plus serein.


Enfin, afin de respecter le budget de risque, on intègre une part d’actif non risqué plus ou moins importante dans son portefeuille. Par exemple, dans le cadre de l'assurance-vie, on pourrait avoir la répartition suivante :

  • Un profil dit « Prudent », acceptant une baisse maximale possible de 10% aurait 66% de fonds euros et donc 34% d’actifs risqués (unités de compte)
  • Un profil dit « Équilibré», acceptant une baisse maximale possible de 20% aurait 34% de fonds euros et donc 66% d’actifs risqués (unités de compte)
  • Un profil dit « Dynamique», acceptant une baisse maximale possible de 30% pourrait avoir 100% d’actifs risqués (unités de compte)

L’actif non risqué peut être le fonds euros dans le cadre de l’assurance-vie, ou du monétaire (Bon du Trésor, Livret A, liquidités).

Pour gérer son budget de risque, Il suffit ensuite de modifier la répartition de ses actifs risqués selon les conditions des marchés financiers. Plus précisément, lorsque que l’économie va bien, les actions montent, il faut donc investir majoritairement en actions. Lorsque l’économie se détériore, les actions baissent mais les obligations, notamment les obligations d’Etats, vues comme des valeurs refuges, montent. Il faut donc vendre les actions et investir majoritairement en obligations. Ces changements permettent de ne jamais dépasser son budget de risque maximal. C’est tout l’art du diagnostic des conditions de marché et de la météo.

Message réglementaire: "Attention, tout investissement comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne présagent pas des performances futures. Les supports en unités de compte et ETF ne sont pas garantis et sont soumis aux fluctuations des marchés financiers à la hausse comme à la baisse. L’entreprise d’assurance ne s’engage que sur le nombre d’unités de compte, mais pas sur leur valeur."


Nicolas Pierret