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SP500 et chiffre de l'emploi US
par Mathieu Hamel 26/07/2013 Marchés & Techno

Après trois jours de baisse, les actions américaines ont fini hier en hausse alors que les chiffres du chômage venaient d’être annoncés…moins bons que prévu !

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Comportement du SP500 en réaction aux chiffres de l'emploi et en anticipation de la politique monétaire

Comment expliquer ce paradoxe apparent ? Depuis plusieurs mois, les actions varient en fonction des nouvelles macroéconomiques, de l’emploi en premier lieu. En toute logique, si les annonces sont mauvaises, le cours des actions devraient baisser.

En fait, les marchés analysent l’impact que les nouvelles macroéconomiques devraient avoir sur la politique de la banque centrale et non pas sur l’activité économique.

Habituellement les marchés valorisent avec plus d’importance les nouvelles concernant la santé économique, puis la santé des entreprises et enfin le niveau des taux d’intérêt. Hier la hiérarchie s’est inversée à tel point qu’une mauvaise nouvelle sur la santé de l’économie a entraîné une hausse des actions.

En effet, la banque centrale américaine (FED) se prépare à arrêter la politique monétaire accommodante. Elle attend pour cela, une preuve irréfutable de la santé recouvrée de l’économie américaine. Or l’arrêt de cette politique monétaire est synonyme de taux d’intérêt en hausse, ce qui est une mauvaise nouvelle pour les actions. Pour rappel, lorsque les taux d’intérêt augmentent, les charges financières des entreprises augmentent, réduisant de fait leurs profits et donc leur prix.

Nous nous retrouvons par conséquent dans cette situation paradoxale où une mauvaise nouvelle macroéconomique devient une bonne nouvelle pour les actions.

Pourtant le moteur de la hausse des actions est, et sera toujours, la santé de l’activité économique. Le cours des actions américaines ont très fortement augmenté depuis 2009, 150% pour être précis. En d’autres mots, le prix des actions incorporent déjà toutes les anticipations d’amélioration de l’activité économique (les prix représentent 20 fois les résultats des entreprises en moyenne – PE ratio – proche du niveau d’avant crise financière).

Par conséquent, le niveau des taux d’intérêt à court terme est devenu le facteur principal de la variation des prix alors même que c’est habituellement moins important que les nouvelles concernant la santé des entreprises, qui sont pour le coup plutôt très bonnes ce trimestre. En effet, 73% des entreprises ont annoncé des résultats meilleurs que prévu d’après Bloomberg.

Les cours ont tellement réagi ces derniers mois aux retours des bonnes nouvelles concernant la santé financière des entreprises qu’un surplus de bonne nouvelle (sur l’activité des entreprise) n’a plus d’impact. Le niveau des taux d’intérêt a pris le dessus en termes d’importance et de pertinence.

Pourtant, à moyen terme, la hausse des actions sera prolongée si la croissance économique repart durablement aux USA. Le marché réagira de nouveau prochainement conformément aux nouvelles sur la santé de l’économie comme le niveau d’emploi.

En conclusion, cela nous apprend que le marché action est surement au bout de sa hausse, du moins aux USA. Pourtant, nous continuons de favoriser une allocation à 75% en actions. En effet, les taux d’intérêt risquent d’augmenter si la santé économique s’améliore, ce qui entraînerait la baisse des obligations. Or nous venons de voir que les actions sont aussi probablement à un plus haut. Les actions sont par conséquent susceptibles de voir leur prix baisser. Nous favorisons malgré tout les actions car en cas de reprise de la croissance, l’inflation sera forte du fait de la politique monétaire accommodante qui a été mené depuis 2009. Or les actions offrent une bonne protection contre l’inflation si l’on exclue le secteur des services publiques (UTILITIES), pourtant pourvoyeur de dividendes importants. Par ailleurs, si la croissance n’est pas importante alors les taux n’augmenteront pas et l’effet sur les actions devrait être neutre.


Mathieu Hamel