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Ce que Le Loup de Wall Street nous apprend
par Nicolas Pierret 02/01/2014 Le temps d'un café

Le Loup de Wall Street trône au box office de ce début d’année. C’est probablement l’occasion de se reposer les bonnes questions au sujet de l’investissement sur les marchés financiers.

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Les apprentissages du film "Le loup de Wall Street" pour investir

Le Loup de Wall Street est un film qui raconte l’histoire d’un drogué enrichi grâce à l’escroquerie. Il s’inscrit dans la grande tradition des films défouloir sur la finance où le réalisateur met en scène des personnages que l’on adore détester. En dehors de la scène outrancière du lancé de nains, le film apporte-t-il réellement quelque chose?

Sur la forme, Jordan Belfort n’est que la version d’un Gordon Gekko qui n’aurait pas fini sa crise d’adolescence. Sur le fond, en revanche, le film attire l’attention sur un aspect particulièrement intéressant de la rémunération du conseil financier : l’effet pervers des commissions sur les transactions conseillées.

En effet, « Wolfie », le Loup de Wall Street, n’est ni un Madoff, ni un Kerviel.

Bernard Madoff, lui, gérait un fonds d’investissement dans lequel l’argent des nouveaux investisseurs servait à verser des dividendes aux plus anciens. Les mauvaises langues affirment que ce montage n’est pas sans rappeler le système de financement des retraites par répartition.

Quant à Jérôme Kerviel, il cachait à ses superviseurs la taille monstrueuse de ses investissements afin de gonfler ses gains.

Rien de tout cela dans le Loup de Wall Street. C’est la vieille histoire du bonimenteur promettant un enrichissement rapide à qui veut bien l’écouter. Jordan Belfort concentre ses efforts sur des actions valant moins d’un dollar et qui connaissent des variations de prix très importantes : les « penny stocks ». Ses salariés et lui-même suggéraient avec insistance à leurs clients d’en acheter et prélevaient de très forte commission au passage. Nous retrouvons ce genre de promesses sur les sites de paris sur taux de change, sur les turbo-warrants, sur les CFD voire même lors de l’euro millions.

L’enseignement de tout cela se trouve d’ailleurs au cœur de notre doctrine d’investissement et peut se résumer en trois points :

- Il n’est pas possible d’avoir totalement confiance en un conseiller qui est rémunéré sur le volume des transactions et non sur l’argent qu’il rapporte.

- Bien qu'il soit possible d’avoir une opinion pertinente sur l’évolution future des cours de bourse, la seule protection contre les baisses importantes restera toujours la diversification intelligente.

- Enfin, la meilleure protection contre les arnaqueurs consiste à chercher à comprendre ce qui est fait. Il suffit de sortir du domaine du rêve. Heureusement, le Loup de Wall Street, ce sont les années 90, les années Tapie. En 2014, la promesse de Marie Quantier se borne à présenter les choses simplement et donc à gagner plus sur la durée.


Nicolas Pierret