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L'action Goldman Sachs, à elle seule, explique une grosse partie de la hausse du Dow Jones
par Mathieu Hamel 08/02/2017 Marchés & Techno

Depuis l'élection de Trump, soit en seulement 3 mois, le Dow Jones a augmenté de 12,5%. 8% du Dow Jones est composé de Goldman Sachs qui a augmenté de 50%. Durable ?

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Les actions vont-elles continuer d'augmenter ?

Je vais profiter de ce post pour répondre à cette question et vous montrer comment j'utilise l'ensemble de la plateforme MQ pour vérifier "à la main" les conclusions de la météo des marchés.

Qu'y a-t-il dans les indices (et donc les ETF) ? (des entreprises en fait)

20% du Dow Jones est constitué par des entreprises financières. Goldman Sachs, seul, représente 8% du Dow Jones. En vous connectant à votre MiniBloom, vous pouvez y accéder simplement avec les "clicks" suivants :

Tout d'abord, le moteur de recherche. Tapez le nom qui vous intéresse et cliquez. Ici "Dow Jones Industrial Average". Le carré rose est là pour attirer votre attention au bon endroit.

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Après avoir sélectionné "Dow Jones Industrial Average", vous choisissez si vous désirez les informations sur l'indice, les ETF ou autre.

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Vous tombez alors sur la page dédiée à l'indice "Dow Jones". Vous pouvez descendre avec un "scroll down".

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Et vous obtenez la répartition de l'indice. C'est dans la composition de l'indice que tout devient magique avec les ETF. A gauche le donut pour la répartition par secteur industriel, et à droite pour avoir le poids de chacune des entreprises composant l'indice. On voit ici parfaitement ce dans quoi on investit. Les ETF deviennent tout de suite plus concrets. En une transaction (et donc 1 click), on investit dans le panier d'entreprises qui compose l'ETF. On a beau le savoir, c'est toujours fascinant de voir les noms apparaître avec les % associés.

On vérifie bien que Goldman Sachs est l'entreprise qui a le plus de poids dans le Dow Jones.

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En utilisant votre compte , vous pouvez aussi jouer avec les réglettes et étudier la composition de l'ETF avec un prisme global. Ici je mets la réglette CAC40 à 100% et on voit immédiatement la composition de l'ETF "Lyxor CAC 40" en rose. Chaque entreprise composant l'ETF est représentée par des bâtonnets coloriés. On voit ainsi immédiatement les trous dans la raquette de la diversification.

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Revenons à l'augmentation du "Dow Jones", on vient de voir que Goldman Sachs y avait un poids très important. Or Goldman Sachs a augmenté de plus de 50% depuis octobre.

Goldman Sachs et son aura

Pour le vérifier, j'utilise la même méthode :

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En choisissant la durée, je fais apparaître le graph de la période voulue. On voit l'augmentation spectaculaire de GS depuis l'élection de Trump. J'ai bien envie de vérifier ici que cette hausse se justifie par des fondamentaux solides.

On ne voudrait pas constater par exemple que la hausse s'explique par les spéculations autour d'un cabinet d'anciens de Goldman, voire du secret espoir de voir la régulation Dodd-Frank amendé. Pour ceux qui ne le savent pas, Goldman Sachs est une banque d'investissement dont l'essentiel des profits provenaient du trading propriétaire qui a été interdit par Dodd-Frank en réponse à la crise financière de 2008. On soupçonne tout de suite le conflit d'intérêt qui menace le cabinet Trump, des gens de Goldman Sachs sont aux manettes (Cohn et Banon principalement) et proposent dès le 1er mois d’exécutif de retirer l'obstacle principal à la prospérité de leur ancien employeur.

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L'expression de "wall Street" pour parler des fondamentaux de la valorisation des action,c'est "meat and potatoes". En d'autres mots, si on ne devait garder que deux choses pour évoluer sur les marchés financiers, ce serait les taux d'intérêt et les résultats d'entreprise. Jetons donc un œil sur les résultats de Goldman Sachs. En français, on parle de "bénéfice par action", en anglais d' "earnings per share" : EPS. Il suffit de descendre pour obtenir les résultats actuels de GS. Nous reviendrons dessus plus tard.

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A ce stade, on peut se demander si toutes les entreprises financières ont suivi dans le sillage de GS. Je vais donc chercher à savoir si l'augmentation de GS est isolée ou si tout le secteur a évolué de la même manière. C'est une première manière de répondre à notre crainte précédente. Je vais donc chercher l'ETF "Spider" XLF qui représente le secteur financier aux USA. Acheter tout un secteur en 1 clic, c'est un peu la beauté des ETF.

En cliquant sur SP500, j'obtiens directement la comparaison entre le secteur financier et le reste des entreprises (SP500). On constate immédiatement que le secteur financier a beaucoup plus profité de l'effet Trump que les autres entreprises (+10% par rapport aux autres). Au minimum, nous avons vérifié que le cabinet Trump n'avait pas dans les tuyaux uniquement des propositions profitables à GS.

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J'aime toujours, je vous l'ai déjà dit, jeter un œil sur les entreprises qui composent l'ETF. Intéressant de voir que le conglomérat de Warren Buffet (Berkshire Hathaway) pèse plus que la plus grosse banque JP Morgan.

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En conclusion, 30% de la hausse du Dow Jones (4% sur les 12%) s'explique par la seule hausse de Goldman Sachs et que pratiquement deux autres % s'explique par le reste du secteur financier. Sur les 20% de financières du Dow Jones, 8% est Goldman Sachs. Il reste donc 12% qui a augmenté d'un peu plus de 15%, soit grosso modo 2%. La moitié de la hausse du Dow Jones repose sur les promesses de dérégulation du secteur promis lors de la campagne. Mais qui à ce stade, n'ont aucune substance.

Apple, 1ère capitalisation

Intéressons-nous maintenant au vrai poids lourd des marchés financiers américains, la mastodonte Apple. Je jette un œil sur son poids (et j'en profite pour regarder à nouveau le poids de Google, Facebook, Amazon, Microsoft ... dont l'importance est symptomatique de l'évolution récente de notre époque)

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Si je cherche et clique sur Apple, je tombe sur la page dédiée. Le graphique à droite semble bizarre. En fait, il est normal. Le graph représente l'historique du prix de Apple. Or l'entreprise a multiplié son nombre d'actions, il y a quelques années, pour avoir un cours de cotation plus faible. Cela donne l'impression que le prix a chuté de manière vertigineuse mais les actionnaires reçoivent des nouvelles actions lorsque cela se produit (il n'y a donc pas de perte pour l'investisseur).

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Pour y voir un peu plus clair, il me suffit de cliquer sur "Adjusted Close". Cela normalise tous les prix.

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Je fais la même comparaison que tout à l'heure avec le secteur financier, et je constate qu'Apple a augmenté de presque 15% de plus que le reste des actions, soit près de 19%.

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Forcément, cela donne envie d'aller vérifier si les derniers résultats annoncés justifient cette hausse. Je fais la même manipulation que tout à l'heure, mais ce coup-ci, je vais creuser. Je vais comparer avec les résultats dans le passé.

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Je résume, on a aujourd'hui un EPS ("Earnings Per Share" ou le profit associé à chaque action Apple) de 8.40 dollars et je clique sur "Historical Data" pour savoir à combien s'élevait l'EPS.

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9.48 dol en décembre 2015. Soit 12% de plus qu'aujourd'hui. A combien était l'action à ce moment là ?

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130 dol, soit pratiquement comme maintenant. En clair, moins de profit et un prix identique. Pas de nature à me rassurer sur la hausse.

Je fais le même exercice pour Goldman Sachs. Vous vous souvenez, je vous avais dit qu'on y reviendrait (pour rappel l'EPS de Goldman est aujourd'hui à 16,67 dollars). Qu'en est-il en historique ?

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19.51 dollars en mai 2015. Et le prix de GS à ce moment là ? 216. On récapitule des profits de 16% inférieur et un prix 14% supérieur.

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Ce marché est euphorique. Il rêve d'une évolution économique radicale sous la houlette de Trump. La météo de Marie Quantier nous dit que nous sommes en Euphorie et je n'achète pas le rêve de "America great Again" de notre nouveau président des US. America me semble déjà "great".

Politique fiscale, immigration, protectionnisme et dérégulation

Quel est ce grand projet que nous promet Trump et son cabinet (non encore confirmé par le sénat)?

  • un "new deal" fiscal
  • du protectionnisme
  • de la dérégulation
  • des grands travaux
  • Si l'on met de côté la réforme fiscale pour les particuliers dont rien n'a filtré, ce qui fait bouger les marchés, c'est la réforme de la fiscalité des profits réalisés à l'extérieur des USA. En gros, l'idée consiste à offrir un taux d'impôt bradé pour que les grandes entreprises exportatrices américaines rapatrient leurs profits réalisés à l'étranger.

    C'est effectivement intéressant, mais l'effet principal est ce que l'on appelle un "one off", un cadeau unique. Une fois qu'Apple a rapatrié les bénéfices réalisés ces 20 dernières années d'Irlande ou autre et bien c'est tout. C'est une mesure pour rapatrier le patrimoine.

    Parce qu'ensuite passer de 35% à 30% (en grossissant le trait) l’impôt sur les sociétés, cela ne va pas dynamiser de manière incroyable l'activité économique. D'autant plus, que l'équilibre budgétaire devra se trouver dans un contexte où Chinois et Japonais (les gros financeurs de la dette américaine actuellement) perçoivent le discours de Trump comme hostile (donc la dette US plus risquée).

    Au sujet du protectionnisme, passant ma vie à lire des bouquins d'histoire des faits économiques, cela ne m'inspire pas un boost de croissance. Pour rappel, toutes les guerres majeures sont liées au protectionnisme et toutes les paix sont assises sur des accords commerciaux. Rien à attendre de concret là-dessus, les sénateurs US ne sont pas suicidaires.

    La dérégulation ? Les USA ne sont pas non plus dans une économie soviétique. Donc la régulation actuelle, gène probablement certaines industries, mais je ne crois pas qu'elle soit un frein majeur à la croissance économique. Au contraire, au niveau des marchés financiers (Dodd-Frank), la régulation a permis de rétablir la confiance. Pas évident qu'un retour de la défiance sur le marché interbancaire ou les tensions sur le financement des dettes souveraines des pays émergent ou en difficulté soient propice à la croissance.

    Enfin, les grands travaux ! Oui, les infrastructures aux USA sont mauvaises. Oui, cela aura un effet bénéfique. Je ne parle évidemment pas du mur sur la frontière avec le Mexique, qui d'après moi, ne verra pas le jour au delà du symbole (jamais 25 milliards seront dépensés inutilement par le contribuable américain pour ce projet digne de Yamoussokro par Félix Houphouët-Boigny). Mais si je vous ai fait jeté tout à l'heure un œil sur les entreprises américaines qui faisaient les marchés financiers (Gafa et consor), pas sûr qu'elles bénéficient beaucoup de ces travaux à la Roosevelt (d'ailleurs "America first" était déjà le slogan de Lindberg dans les années trente lors de sa campagne de rapprochement avec l'Allemagne).

    En d'autres mots, je confirme "à la main" que notre "algorithmiquement laborieuse" météo ne s'égare pas. Les marchés présentent tous les symptômes de la maladie "euphorie".

    Le risque de baisse en période d'euphorie

    En utilisant la plateforme , je vais comparer le risque baisse dans les météos "Expansion" et "Euphorie" pour les actions.

    Je commence en déplaçant la réglette de l'ETF "Lyxor SP500" à 100%.

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    En météo "Expansion", le SP500 baisse dans les pires scénarios de nos simulations numériques de 18,5%.

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    En météo "Euphorie", le SP500 baisse de 52,9%. Et cela se comprend. Quand les actions baissent en "Euphorie", les acheteurs ne sont pas là parce qu'ils savent que les résultats d'entreprise ne sont pas bons.

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    Qu'en est-il pour les actions européennes ? Je déplace la réglette du "Lyxor Euro SP500" à 0% et celle du "Lyxor Euro Stoxx 50" à 100%.

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    En météo "Expansion", l'euro Stoxx 50 baisse de 33,4%. Les marchés européens sont toujours plus violents.

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    Et en météo "Euphorie", l'euro Stoxx 50 baisse de 61,6%.

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    Par exemple, quand tout va bien, je regarde le graph du CAC40 pour me rappeler la vulnérabilité des marchés européens face aux périodes euphoriques. 17 ans après la bulle internet, les actions n'ont toujours pas retrouvé leur niveau de valorisation.

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    On comprend mieux les baisses du CAC40 et pourquoi nos concitoyens sont si méfiants lorsqu'on leur recommande d'investir dans leur PEA. En effet, il faudrait l'appeler PEAE pour plan d'épargne en actions européennes. Et oui, pas possible d'investir aux USA avec un PEA et on vient de constater que les actions US étaient moins risquées.

    N'hésitez pas à poser vos questions dans les commentaires.

    Message réglementaire: "Attention, tout investissement comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne présagent pas des performances futures. Les supports en unités de compte et ETF ne sont pas garantis et sont soumis aux fluctuations des marchés financiers à la hausse comme à la baisse. L’entreprise d’assurance ne s’engage que sur le nombre d’unités de compte, mais pas sur leur valeur."


    Mathieu Hamel