Investissement sur les marchés financiers, Gestion de portefeuille personnel, ETF & Technologies, Assurance-vie

PEA ou Assurance-Vie
par Stig Descamps 18/11/2014 Le temps d'un café

Marc Fiorantino, dans son dernier best-seller, conseille de faire sauter la banque. Nous l'avons pris au mot. Si son analyse se focalise sur les frais du compte courant, nous avons concentré nos efforts sur la gestion de l'épargne. Et l'impact sur votre portefeuille est inimaginable. Êtes-vous prêt à changer de style de vie et à économiser le prix d'un appartement ? Pour cela, il va falloir accepter de remettre en cause ce que vous croyiez savoir sur l'épargne et l'investissement. Êtes-vous prêt à faire un tour d'horizon des dispositifs d'épargne et à rejoindre la révolution FinTech ?

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Choisir entre les différentes enveloppes fiscales pour investir sur les marchés financiers: PEA, Assurance-vie, Unités de Compte et Fonds-Euro

Le livret A : OUI

Pour des montants d’épargne de l’ordre de 10 000 à 20 000 euros, le livret A est un placement que l’on doit considérer. En effet, aucun frais n’est prélevé pour y placer son épargne. Il reste que le plafond de dépôt dans le livret A est limité à 22 950 euros et que les intérêts annuels ne font que compenser la perte du pouvoir d’achat liée à l’inflation. Aujourd’hui, le taux du livret A est de 1% et risque de descendre encore dans les prochains mois.

Le PEA (Plan d'Épargne en Actions) : NON

Le plafond du PEA, lui, est de 150 000 euros. Mais, en dépit de ce plafond plus élevé, cette enveloppe ne permet pas un investissement intelligent. L’avantage fiscal sur les plus-values du PEA n’est complet qu’à partir de la 5ème année, ce qui empêche de modifier ses titres dans des actifs non éligibles au PEA. Par ailleurs, en cas de crise où il est nécessaire d’investir dans des actifs refuges tels les obligations, le PEA tire une balle dans le pied : impossibilité d’y placer des actifs obligataires. Finalement, le PEA ne permet pas de gérer convenablement les risques de ses investissements. La diversification n’est pas suffisante ni en termes de diversité de classes d’actifs, ni en termes de gamme de titres éligibles au PEA. Cela empêche une gestion en « bon(ne) père/mère de famille » mais aussi une gestion plus intelligente qui consiste à saisir le maximum d’opportunités, y compris sur les actions américaines.

En revanche, le PEA devient une arme redoutable pour investir dans les entreprises cotées et tout particulièrement dans les start-up. Typiquement, si vous en avez les moyens, investissez trois fois 50 mille euros ou quinze fois dix mille euros dans des projets auxquels vous croyez passionnément. Il ne vous reste plus qu'à espérer que l'une d'entre elles devienne Critéo ou Blablacar. Dans ce cas, vous deviendrez riche à millions et ne paierez pas un centime d'impôt.

L’Assurance-Vie : OUI et NON

Le fonds euros : OUI

Concernant l’Assurance-Vie, c’est au-delà de huit années que l’avantage fiscal sur les plus-values est complet. Cela limite donc davantage la liberté de mouvement que dans le cas du PEA. Au sein de l’Assurance-Vie, Marie Quantier conseille néanmoins d’ouvrir un fonds euros et vous propose le classement des meilleurs fonds euros ! Les frais de gestion du fonds euros sont traditionnellement raisonnables (en moyenne de 0,60%). Ensuite, il ne reste qu’à choisir judicieusement son fonds euros : il est crucial de posséder une Assurance-Vie sans frais sur les versements, d'évaluer le rendement net du fonds euros, et de vérifier la qualité du gestionnaire du fonds. En effet, de mauvais investissements peuvent entrainer de mauvaises performances, y compris en deçà du taux de rendement minimum. N'oubliez pas que vous ne pouvez pas changer de contrat d'assurance-vie sans perdre les avantages fiscaux. Ainsi, il est essentiel de connaître la constitution de son fonds euros. En effet, un fonds euros trop investi en immobilier ou en actions est risqué et ne présente pas d'intérêt suffisant. Évitez les fonds euros dont plus de la moitié est investie en actions ou en immobilier.

Les unités de compte : OUI

Vous avez la possibilité d’investir dans des OPCVM (fonds d'investissement) au sein de l’Assurance-Vie avec des unités de compte. Marie Quantier déconseille fortement cet investissement. La diversité des OPCVM proposée dans son contrat est bien souvent très limitée. Votre assurance-vie sera donc trop risquée et pas assez performante. A cela s’ajoute un aspect rédhibitoire. Les frais annuel de gestion de l’OPCVM excédant, et parfois allègrement, les 2% du capital investi. Les frais d’arbitrage, de sortie viennent agrémenter la multitude de frais prélevés sur la somme déposée. N’investissez donc pas en unités de compte au sein de l’Assurance-Vie.

N'utilisez les Unités de Comptes qu'en favorisant au maximum les ETF ou les OPCVM auxquels vous croyez fortement.

Le compte-titres : OUI

Le compte-titres ordinaire est une enveloppe qui ne bénéficie pas d’avantage fiscal sur les plus-values qui offre toute la liberté requise par un bon gestionnaire. Cette approche au sein du compte-titres élimine tous les frais inutiles. Les ETF suivent très fidèlement l’évolution des grands indices des marchés financiers (actions et obligations) tels que le CAC 40 en France, ou l’Euro Stoxx 50 pour la zone Euro, ou encore le S&P 500 pour les États-Unis. Ce type de produit a l’avantage d’avoir des frais de gestion très faibles et, c’est un point très important, avec des frais de transaction égaux à une seule action.

Message réglementaire: "Attention, tout investissement comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne présagent pas des performances futures. Les supports en unités de compte et ETF ne sont pas garantis et sont soumis aux fluctuations des marchés financiers à la hausse comme à la baisse. L’entreprise d’assurance ne s’engage que sur le nombre d’unités de compte, mais pas sur leur valeur."


Stig Descamps