Investissement sur les marchés financiers, Gestion de portefeuille personnel, ETF & Technologies, Assurance-vie

« Je serais curieuse de savoir ce que dit votre programme d'investissement en ce début d'année 2016 »
par Mathieu Hamel 09/01/2016 Le temps d'un café

Voici la question que nous a posée l’une de nos clientes. Entre bonnes et mauvaises nouvelles, nos indicateurs indiquent toujours un état de Sérénité. Même si la Chine montre des signes d’essoufflement provoquant de fortes fluctuations sur les marchés, l’état de l’économie américaine reste bon et celui de l’Europe s’améliore. Nous conseillons donc à nos clients de garder leurs positions actuelles.

S'abonner aux notes hebdomadaires Marie Quantier

Conséquences du ralentissement chinois sur la gestion de votre portefeuille personnel d'ETF

météo des marchés

Le 1er constat :

Les indicateurs ne penchent pas clairement d'un côté ou de l'autre mais restent suffisamment bons pour que la météo des marchés soit en "sérénité".

Il est par conséquent difficile de déceler un diagnostic tranché. C'est pourquoi les acteurs sont si volatiles depuis 3 mois.

Le 2 ème constat :

Les nouvelles mauvaises nouvelles sont contrebalancées par de nouvelles bonnes nouvelles.

  • La contraction de l'activité industrielle en Chine est contrebalancée par l'amélioration de l'activité industrielle en Europe.
  • La contraction de l'activité industrielle aux USA est contrebalancée par l'amélioration de l'activité des services aux USA et par la création de nouveaux emplois.

En somme, l'économie américaine est en bonne santé, l'européenne s'améliore et la chinoise se détériore.

Alors comment expliquer un sentiment si fortement baissier ?

Nous pensons que la fébrilité actuelle tient aux faits suivants:

  • En décembre, pour la 1ère fois depuis 8 ans les taux d'intérêt ont été augmentés. Pendant les 8 dernières années, la banque centrale américaine a dit aux investisseurs "ne vous inquiétez pas, si les marchés baissent, je créerais suffisamment de monnaie pour que les actions remontent". Depuis Décembre, La banque centrale américaine dit aux marchés financiers : "la confiance est suffisamment revenue entre les acteurs de l'économie, pour que mon action se cantonne à nouveau à la surveillance de l'inflation" (l'augmentation du niveau général des prix). Dès lors les acteurs financiers réapprennent à vivre sans "béquille" monétaire et scrutent le détail de l'état de l'économie. Ce qui n'a pas été fait depuis 8 ans.

    Or en 8 ans la structure de l'économie a changé :

  • apparition du pétrole en provenance des sables bitumineux d'Amérique du Nord qui rendent les USA auto suffisant en pétrole. Cela déstabilise le Moyen-Orient qui réplique en retour en produisant des barils de pétrole sans se soucier de la baisse phénoménale du prix du pétrole. Cette baisse met en difficulté les nouvelles sociétés pétrolières aux USA qui ont beaucoup emprunté pour investir dans l'extraction du pétrole des sables bitumineux. L'augmentation du risque d'impayé de la part des sociétés de ce secteur suscite une crainte qui se généralise à toutes les entreprises. En somme, le marché apprend actuellement à appréhender un nouvelle ère dans laquelle le pétrole est abondant.
  • Le développement massif du digital met en danger les marges et donc les profits de pratiquement toutes les entreprises. Les financiers apprennent à vivre avec des entreprises qui peuvent en l'espace de quelques années être remises en cause par de petit acteurs "digitalisés" et économes en ressources.
  • La Chine après 38 ans de développement à marche forcée, s'ouvre progressivement mais réellement. 15% de l'économie mondiale sont maintenant le sujet de l'étude approfondie de la part des investisseurs. Or tout ce qui est découvert n'est pas conforme à l'image idéalisée. Cela suscite des émotions exacerbées.
  • Enfin, de manière plus prosaïque, de nombreux investisseurs liquident leurs position avant les vacances de fin d'année et réinvestissent en début d'année. Or, en ce tout début d'année, la libéralisation de certaines contraintes techniques propres aux marchés chinois a entraîné une baisse extrêmement forte des actions chinoises avant l'ouverture de l'année boursière aux USA. La baisse a été tellement forte que les investisseurs acheteurs aux USA ont préféré attendre avant d'acheter afin de mieux comprendre ce qu'il se passait en Chine. Ce faisant, ils ont laissé la place aux vendeurs. Depuis, aucun n'a jugé opportun de réinvestir les sommes liquidées avant les vacances de fin d'année. Il n'y a aucune raison que cela intervienne tant qu'il n'y aura pas de "nouvelles" unanimement positives.

En somme, nous pensons qu'il ne faut rien faire pour l'instant.

Message réglementaire: "Attention, tout investissement comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne présagent pas des performances futures. Les supports en unités de compte et ETF ne sont pas garantis et sont soumis aux fluctuations des marchés financiers à la hausse comme à la baisse. L’entreprise d’assurance ne s’engage que sur le nombre d’unités de compte, mais pas sur leur valeur."


Mathieu Hamel