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Brexit
par Mathieu Hamel 17/06/2016 Marchés & Techno

Quelles seraient les conséquences d'un vote en faveur du Brexit ? La météo des marchés "Récupération" est-elle adaptée à cette situation peu probable mais qui pourrait avoir des conséquences importantes ? Comment gérer les risques de votre portefeuille personnel d'ETF ?

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Analyse des risques pour votre portefeuille personnel d'ETF en cas de vote pour le Brexit

météo des marchés récupération

Un vote sans information précise pour les marchés

En préalable, rappelons-nous que le vote est consultatif. Dans le cas d'un vote en faveur du Brexit, rien n'oblige le gouvernement à faire quoique ce soit. De plus, dans le cas où le gouvernement britannique demandait à sortir de l'UE, il aurait 2 ans pour négocier sa sortie. En d'autres mots, un vote la semaine prochaine en faveur du Brexit n'apporterait aucune certitude. Seul un refus apporterait de l'information.

D'autres facteurs plus importants

Les risques liés au Brexit sont de natures différentes et s'inscrivent dans un contexte ayant plus de conséquences sur les marchés financiers. Il y a le ralentissement de la production industrielle aux USA, la surproduction de pétrole, la fuite des capitaux en Chine mais aussi et surtout de bras de fer à Francfort au sujet des réformes structurelles en France, jugées nécessaires pour intensifier la lutte contre les pressions déflationnistes en zone euro. Les risques spécifiques au Brexit sont les suivants:
1/ risque de taux de change
2/ risque de vente massif d'actions
3/ risque de taux d'intérêt

Recommandation actuelle

Le portefeuille actuel est diversifié de la manière suivante:
35% Equity eurostoxx 50 (50 entreprises européennes)
25% Equity SP500 (500 entreprises américaines) hedgé en euro
10% Obligations Souveraines US
10% Obligations Souveraines Européennes
10% Obligations d'entreprise IG US
10% Obligations d'entreprise Main Eur

Au niveau du taux de change:

Seul 20% du portefeuille est exposé à l'USD. En cas de Brexit, le sterling baisserait très certainement ce qui n'aurait que peu d'impact du fait de la nature large des ETF. En revanche, l'euro pourrait poursuivre sa baisse sans que le portefeuille n'en profite. Le niveau déjà très bas de l'euro vis à vis de l'USD laisse envisager un manque à gagner extrêmement limité par rapport à une exposition en SP500 non hedgé du risque de change.

Le downside lié au FX est faible.

Au niveau du risque de vente massif d'actions (sell-off):

Rien n'indique que le "sell-off" (vente des actions) serait massif en cas de Brexit car l'impact principal en terme d'activité commercial touche l'Irlande, les Pays-Bas et Chypre. En d'autres termes, l'essentiel de l'eurstoxx50 est peu impacté directement. Seul le risque d'explosion de l'UE pourrait entrainer un sell-off durable sur l'Europe. Ce risque se matérialiserait a priori via une demande de sortie de la part des Pays-Bas.

Le downside est réel.

Au niveau du risque de taux d'intérêt:

Une déstabilisation lié au Brexit entrainerait la mobilisation des banques centrales par voie de Quantitative Easing probablement élargi au obligations d'entreprise IG comme cela vient d'être testé depuis Juin par la BCE. Malgré la hausse importante des obligations depuis le début de l'année, un Brexit laisse apparaître un potentiel de hausse à la fois sur les obligations souveraines et d'entreprise.

Le downside est limité.

Conclusion

En somme, la réponse la plus probable en cas de Brexit viendrait du Quantitative Easing renforcé en Europe et peut être relancé aux USA. Le risque résiduel reste l'explosion de la zone euro. Nous pensons que ce risque est très lié à la capacité de réforme structurelle de la France. En d'autres mots, le risque principal réside dans un blocage de la politique monétaire expansionniste qui serait lié au refus d'effectuer des réformes structurelles. C'est pourquoi le risque principal du Brexit réside dans la volonté d'assumer des réformes par la France (cf loi El Kohmri). Seul un recul sur la volonté de réforme (El Kohmri) pourrait remettre en question la politique monétaire expansionniste en cas de Brexit. Nous considérons ce risque comme étant trop peu probable pour être hedgé. Seul un investissement à 100% aux USA (50% equity 50% bonds) permettrait d'être hedgé contre le risque d'explosion. En contrepartie, en cas de refus du Brexit, les actions européennes sont les plus susceptibles d'augmenter substantiellement.

Message réglementaire: "Attention, tout investissement comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne présagent pas des performances futures. Les supports en unités de compte et ETF ne sont pas garantis et sont soumis aux fluctuations des marchés financiers à la hausse comme à la baisse. L’entreprise d’assurance ne s’engage que sur le nombre d’unités de compte, mais pas sur leur valeur."


Mathieu Hamel