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Comment choisir ses ETF
par Nicolas Pierret 07/06/2015 Le temps d'un café

Les ETF ont révolutionné la manière d’investir des américains. 2000 milliards de dollars de fonds gérés aux USA au moyen des ETF fin 2014 d’après Morningstar. C’est plus que les 1500 milliards d’euros gérés sur les fonds euros en France ou un peu moins que les 2300 milliards d’épargne financière des français. En Europe, le marché a doublé au cours des cinq dernières années atteignant près de 380 milliards d’euros de fonds gérés. C’est le début du rattrapage de l’incroyable aventure des ETF !

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Comment différencier et choisir un ETF

Des produits financiers simples, mieux diversifiés et peu couteux

Les américains préparent leur retraite en investissant dans l’économie via les marchés financiers depuis toujours. C’est pourquoi lorsqu’ils embrassent de nouvelles pratiques en terme d’investissement, c’est en général le signe d’une tendance durable. Il existe deux raisons principales à l’attrait des ETF : la simplicité et le coût.

Investir avec les ETF est d’une extrême simplicité. Et cela change tout. En un clic, il est maintenant possible d’investir dans un panier de titres. Grâce à la richesse de l’offre en ETF, il est maintenant possible de choisir les secteurs d’activité de l’économie ou les régions du monde dans lesquels investir. Encore une fois en 1 clic.

Au sujet des coûts, c’est extrêmement simple : c’est jusqu’à 10 fois moins cher en terme de frais de gestion qu'un fonds classique de type SICAV.

1 clic et déjà diversifié

En d’autres mots, un ETF ou Exchange Traded Fund est un panier d'actions ou d'obligations diversifiés. Il s'agit donc d'un titre financier composé par plusieurs entreprises ou États. Par exemple, un ETF « Telecom » est composé d’actions de plus de dix entreprises de ce secteur. Il est ainsi facile d’investir dans tout un secteur ou une région. Investir dans un ETF permet donc de diversifier son investissement. Il est courant que les marchés financiers effraient par peur de perdre tout son investissement ou du moins une partie très importante. L’intérêt d’un portefeuille diversifié réside précisément dans la limitation de ce risque. En particulier dans un ETF, lorsque l'action d'une entreprise se met à baisser, les autres actions qui composent l'ETF viendront compenser. En somme, les ETF permettent de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier de la manière la plus simple possible au 21e siècle, c’est à dire en 1 clic et à n’importe quel moment de la journée.

A titre d’illustration, vous pouvez observer le cas de 2 portefeuilles constitués de 4 titres chacun et leur capacité de diversification sur l’ensemble de l’économie.

risque de concentration

diversification ETF

Pour le même nombre de titres, le portefeuille constitué de 4 ETF permet une couverture totale de l’économie alors que celui constitué de 4 actions n’investit que sur un nombre limité de secteurs.

1 clic pour percevoir un loyer

Comme les actions ou les obligations, les ETF versent un loyer régulier que l’on appelle le dividende. Celui-ci provient de la partie des bénéfices réalisés par les entreprises composant l’ETF qui est reversée aux actionnaires. Les dividendes sont versés selon les ETF mensuellement, trimestriellement, semestriellement ou annuellement. Ils permettent d’obtenir un revenu complémentaire, quelle que soit l’évolution de la valeur de l'ETF.

Les ETF sont des fonds d’investissement côtés en bourse. En d’autres termes, contrairement aux fonds traditionnels dont la valeur n’est calculée qu’une seule fois par jour, les ETF sont cotés en continu. Vous maîtrisez donc en temps réel le prix d'achat et/ou de vente.

La société de gestion qui produit l’ETF est appelée promoteur de l’ETF. Les promoteurs les plus connus sont iShares, SPDR et Lyxor.

Certains promoteurs décident de ne pas distribuer ces dividendes mais de les réinvestir au sein du même ETF (dividendes capitalisés) pour des raisons fiscales. Nous pensons que c’est une mauvaise chose. Nous conseillons toujours de favoriser les ETF qui versent les dividendes. En effet, non seulement cela permet de percevoir un revenu complémentaire régulièrement, ce qui constitue la finalité principale des investissements. Mais en plus, cela permet d’avoir la flexibilité suffisante pour réinvestir ces revenus dans les titres les plus adaptés aux conditions des marchés financiers. Dit autrement, ce que l’on veut absolument éviter c’est que les dividendes soient réinvestis dans l’ETF si celui-ci est en train de baisser de manière importante.

Dans le cas d’une baisse de la valeur de l’ETF, un dividende réinvesti vous oblige comme son nom l’indique à « réinvestir » dans le même titre et ce malgré la baisse. Privilégiez donc les ETF à dividendes distribués pour bénéficier de la liberté d’investir vos loyers sur d’autres titres pour une meilleure diversification de vos investissements.

L’inconvénient principal des ETF

Nous venons de le présenter, les ETF suivent une méthodologie d’investissement connue à l’avance qui est systématique. Cela offre une grande transparence. A chaque instant, il est possible de savoir comment est composé le panier de titres composant l’ETF.

La contrepartie négative, c’est l’absence d’espace pour l’expression du talent de sélection de titres d'un gérant comme dans le cas des fonds traditionnels de type SICAV.

Le risque de contrepartie

Pour constituer un ETF et suivre un indice, il convient d’investir dans chaque action (ou obligation) qui compose l’indice. Par exemple, l’ETF CAC40 est construit en investissant directement dans les 40 plus grandes entreprises françaises. On appelle cela « répliquer » un indice. Cependant, on observe plusieurs méthodes de réplication d’un indice par les ETF. Deux méthodes se distinguent : la méthode de réplication physique et la méthode de réplication synthétique.

Dans la première, le fournisseur investit directement dans les titres qui composent l’indice. Ainsi, il possède en propre les actions ou les obligations. En cas de faillite du fournisseur, vous pouvez récupérer les titres dans lesquels l’ETF a investi.

Dans le cas de la réplication synthétique, on fait appel à des contreparties qui détiennent les titres : nous parlons de « swap structurés ». Le fournisseur détient un contrat d’échange avec une autre institution financière sur les titres composant l’ETF. Il ne détient pas les titres eux-mêmes mais le « swap ». Ce type de contrat ou produit exotique ajoute alors un risque que l’on appelle le risque de contrepartie. Ce risque se réalise dans les cas peu probable, mais réel, que la banque d’investissement qui produit le « swap structuré » fait faillite, comme ce fut le cas pour la banque Lehman Brothers. Ce risque revient à ne pas connaître ou à mal identifier la contrepartie et ne pas pouvoir récupérer ses avoirs en cas de faillite de celui-ci.

Avant d’investir sur les ETF, vérifiez donc la méthode de réplication de celui-ci et favorisez la réplication physique pour éviter le risque de contrepartie.

Des titres à destination des particuliers

Le marché des ETF reste pour le moment un marché principalement d’investisseurs institutionnels. Aux Etats-Unis, les particuliers représentent 50% du marché. En Europe, ils ne représentent que 2-3%. En effet, les conseillers financiers, rémunérés principalement via des rétrocessions sur les frais de gestion des titres qu’ils proposent, ne favorisent pas beaucoup ces instruments qui présentent pourtant des atouts indéniables. Les ETF affichant des frais de gestion très faibles, il n’y a pas de rétrocession pour les distributeurs contrairement aux OPCVM traditionnels. Heureusement, la directive européenne MIFID 2 interdira prochainement les modes de rémunération qui présentent des conflits d’intérêt.

Message réglementaire: "Attention, tout investissement comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne présagent pas des performances futures. Les supports en unités de compte et ETF ne sont pas garantis et sont soumis aux fluctuations des marchés financiers à la hausse comme à la baisse. L’entreprise d’assurance ne s’engage que sur le nombre d’unités de compte, mais pas sur leur valeur."


Nicolas Pierret