Marie Quantier

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Marie Quantier
Qui était-elle ?

Naissance dans la France de la révolution industrielle

Marie Quantier naît en 1879 à Amiens, dans le nord d’une France à l’orée d’une expansion industrielle sans précédent. Le pays est alors traversé de mouvements dont l’écho résonne encore dans notre société actuelle. Positivisme, socialisme, féminisme, républicanisme s’emploient alors à transformer en profondeur les mentalités, et, avec le temps, y parviennent !

Enfance « Belle-Époque »

Si la misère sociale se répand toujours comme un fléau, les drames de la commune de Paris n’ont pas encore dix ans, l’air du temps n’en est pas moins à l’optimisme ! Bien que toujours profondément ancrées, les traditions voient les dogmes remis en question. Marie Quantier étudie d’ailleurs à l’école catholique Saint-Jacques. Partout, les assauts de la raison repoussent les idées reçues. L’esprit de ce temps est sûr de lui et la « Belle-Époque » façonne le monde. Les « jeunes filles en fleurs » de Proust, les toiles de Monet et des impressionnistes, les compositions de Debussy, de Ravel ou de Saint-Saëns inspirent le monde. Bien que la jeune République française n’ait pas encore réalisé l’égalité des chances, cette fin de siècle avance avec la certitude que tout est possible !

Éducation et émancipation

Marie Quantier reçoit une éducation secondaire stricte, lui assurant la compréhension des enjeux de son temps. En 1900, à vingt et un ans, c’est à l’exposition universelle de Paris qu’elle fête sa majorité. Cet esprit curieux ne sera jamais rassasié : mathématiques, théâtre, mode, spiritisme, finance, aucune discipline n’y parviendra totalement. La lecture de Jules Verne a tracé, comme pour des milliers d’enfants d’alors, des sillons d’où fleurissent créativité et désir d’inconnu. Au goût assuré et nourri par la lecture des « petits échos de la mode », elle sait jouer de son allure élancée. Les bonnes manières, transmises lors de ces après-midi passés au château où son père avait l’un de ses plus fidèles clients, terminent la présentation de cette femme d’exception.

Une pionnière de l’investissement

En 1907, ses parents, qui possédaient une graineterie, disparaissent. La revente de celle-ci fournira le capital de départ à cette pionnière d’un genre nouveau. Marie Quantier pense que la liberté passe par l’indépendance financière, elle travaillera ! Marie Quantier veut être acteur de son époque qu’elle aime profondément, elle investira ! Marie Quantier sait que tout est éphémère, ce qui fleurit un jour, fane celui d’après, elle diversifiera ! A une époque où pour une femme, travailler par goût et non par besoin est à la limite de la subversion, lire le journal quotidiennement pour investir, n’est rien de moins qu’une révolution !

Le prodige de la diversification

Cette femme du XIXe siècle, n’ayant pas fait d’études supérieures, a pu traverser, tout en faisant prospérer son patrimoine financier, le krach de 29, la crise des années trente et, le tout, avec des emprunts russes en portefeuille. Ceux-là mêmes qui envoyèrent à la ruine de très nombreux épargnants français lorsque les dirigeants bolcheviques refusèrent de payer les dettes contractées par le tsar. La stricte discipline d’investissement à laquelle Marie Quantier s’est astreinte est à l’origine de cette réussite. Son génie s’explique en un mot : la diversification !

Investir, c’est bâtir !

Ce n’est que la seconde guerre mondiale qui mettra un terme à sa florissante activité à l’âge de 60 ans. Elle tirera cependant de son capital de quoi subvenir aux besoins de sa famille en ces temps difficiles. Pour Marie Quantier, investir c’était aussi cela, être libre, indépendante et protectrice des siens ! Marie Quantier s’éteindra à l’âge de 92 ans. Imaginez la France de 1879 et celle de 1971 ! Investir, c’est bâtir.